Les Vosges – Infernal Trail 200 kms

Photo : Anthony Pouille

◾️ I N F E R N A L 200 🏃‍♀️◾️43H38-4ème F – 42ème scratch

Vendredi 12.09, 23h50. Après avoir été malade pendant une bonne semaine 🤧et m’être foulée la cheville 10 jours avant 🦶🏼, je me sens calme et apaisée dans la raquette 🧘‍♀️.
00h01, départ sous la lumière du feu d’artifice de L’infernal Trail des Vosges, pour 214kms, 10000D+ : 4 ans après ma victoire sur ce 200 et 9 ans après avoir découvert le trail à l’Infernal.
Sans surprise à la suite des footings de la semaine, je sens ma cheville à chaque pas et, comme à mon habitude, je pars prudemment. 215kms, c’est long, voire très long. Je laisse tout le monde me doubler, s’essouffler déjà pour certains.
Rapidement, la pluie 🌧 s’invite à la danse : cette balade s’annonce épique. Je me dis que, l’avantage, c’est qu’à la fin de la course, je saurai peut-être, enfin, bien courir dans la boue 💩
Je sens très rapidement que mes capacités cardio respiratoires sont limitées 😵. Je ne suis plus enrhumée mais c’est en train de descendre sur les bronches. Je me dis que ça va sûrement passer. Ou pas. Même mes bâtons me semblent lourds (on se rendra compte, une fois rentrés, que j’avais pris ceux de Mehdi 🤦🏼‍♀️).
J’avance, de ravitos en ravitos, où je vois Mehdi qui m’y retrouve en bicyclette, trempé, comme nous tous. Il m’encourage, me soutient 🙏. 2-3h après le départ, alors que ma cheville gauche se fait sentir, c’est la cheville droite qui vrille un peu trop : sûrement jalouse de l’attention portée à gauche🙊.

Photo : Anthony Pouille

Le terrain : ça monte 📈, ça descend 📉et rebelotte. Je garde mon allure de croisière, je gère la nutrition🥨, la pluie, le brouillard et le suivi du balisage comme je peux. Parfois de petits groupes de coureurs se forment puis se quittent. Je n’arrive pas à mieux respirer. C’est ainsi, je composerai avec. Les pieds commencent déjà à macérer : je ne sais pas si l’humidité, le froid ou les heures qui passent, mais je ne sens plus les douleurs aux chevilles même si je sens que tout se rigidifie. Tant mieux, je prends 🥳
Km60, 11h05 – Bussang – BV1 : Je vide mes poches, que je remplis avec de nouvelles forces, un coup de lingettes, 2-3 mots échangés avec Anthony Pouille et ça repart. Je ne me change pas. Depuis le début, je fais beaucoup d’arrêts toilettes 🚽, mais je ne me retiens pas : ça m’évite les crampes de ventre auxquelles je suis souvent sujette.
La pluie s’est arrêtée depuis ce matin. Les sentiers sont un peu moins trempés et j’avance, j’avance. 13h20, j’ai un premier gros coup de fatigue. C’est normal, habituellement, c’est l’heure de la sieste😴. Patience, ça va passer. L’après midi, se passe tranquillement 🏃‍♀️

Km100, 19h11 – Saint Amarin – BV2 : Juste avant d’attaquer la nuit, avec Mehdi, je prends le temps de vider / remplir le sac, me brosser les dents🪥, un coup de lingette et je repars avec un bol de riz 🍚que je gobe en marchant. Me voilà prête pour aller au lit🛌. Euh, pour crapahuter toute la nuit 😅.
Pour gérer ma propre allure, j’avance souvent seule pour ne pas me cramer. Mais dans la nuit, je partage quelques kms avec Nath, jusqu’au Drumont. Un peu d’eau chaude dans les flasques, de la pastèque🍉, et ça repart dans la descente direction la dernière BV. Les terrains sont joueurs tandis que la fatigue se fait sentir. Les bénévoles sont toujours aux petits soins !

Km145, 5h04 – Cornimont – BV3 : Mehdi m’attend. Je vide/remplis mon sac. Je ne me plains pas trop même si je suis fatiguée, mes articulations et mes poumons me font mal. Je ne traîne pas et je repars encore avec un peu de riz. La montée au col des Hayes est compliquée : je m’endors, je ralentis, je m’arrête toutes les 5 minutes persuadée que j’ai besoin de faire pipi et qu’il faut que j’en profite tant qu’il fait nuit et qu’il n’y a personne 😅. Le jour se lève et ça fait du bien. On retrouve les coureurs des autres formats : je me rends compte que ça me panique un peu d’avoir autant de monde autour de moi qui court si vite. Je me recentre sur moi-même pour faire abstraction de l’environnement.
Dans la matinée je passe à Rochesson, je vois les copains 😍, et la suite du parcours, je la connais à peu près. Je sais que ça va être long mais je fais au mieux pour avancer et arriver avant la nuit à Saint Nabord. La fin, comme la première fois, va être un long chemin de croix. Heureusement, les quadris et ischios sont indolores (merci Cindie Dechambre pour la prépa aux p’tits oignons 👌).

Les coureurs des autres courses m’encouragent, félicitent tandis que d’autres lancent des remarques inappropriées mais je retiens le positif. Je pousse, tant bien que mal, pour avancer 💪. Je sens que mes poumons sont surchargés, j’hyperventile et ça me fait tourner la tête😵. Parfois je ralentis un peu, mais non, je veux en finir. Mon genou, mes chevilles et pieds me font mal, je sens des frottements partout, mais le mental est bien là. J’avance, j’avance. Ma montre me lâche 10 kms avant la fin. C’est interminable.
19h38 – Arrivée à saint Nabord, 4eF, 42e au scratch – 214kms, 10700D+, c’était… Infernal. J’ai donné ce que j’avais, avec la forme du jour. Je n’aurais vraiment pas pu faire mieux. Une fois à l’arrêt, l’asthme a bel et bien pris le relais 😅.
C’est la première fois que je me suis posée la question, une fois la course terminée, si c’était vraiment judicieux d’avoir pris le départ « dans cet état ». J’ai voulu aller au bout, et ne pas abandonner, tout en sachant que je n’avais pas mon plein potentiel ce jour là, pour me rendre compte de ce que ça pouvait donner, où est ce que mon corps et ma tête me permettait d’aller.

Je le sais, encore plus maintenant, la réponse est : très loin. J’y crois. Je ne lâcherai rien 🙏🏻

Prochain ultra : RDV pour la Chartreuse Backyard fin Octobre !

Le Val d’Aran by UTMB

Il y a trois ans, en 2023, je prenais le départ de mon tout premier 100 miles — 165 km et 10 000 mètres de D+ — au pied des Pyrénées, tout près de la frontière espagnole, sur le Trail du Val d’Aran. Quelques kilomètres après le départ… la course est stoppée net à cause des orages. Frustration totale.

En 2024, je retente ma chance. Je m’aligne à nouveau, déterminée.
Mais après seulement 4 kilomètres, je ne le sens pas. Le ciel, l’ambiance, les jambes ? J’écoute mon instinct. Demi-tour. Huit heures plus tard, la course est de nouveau annulée, balayée par des orages violents. Cette année, c’est décidé : c’est la bonne.

Alors, le mardi 8 juillet, avec Mehdi, ma mère et mon neveu en mode assistance de choc, on a pris la route depuis Annecy, direction Bagnères-de-Luchon, histoire de se poser, souffler… et se préparer avant le grand départ du vendredi après-midi.

Le vendredi matin, pendant que je boucle mon sac entre deux urgences boulot (parce qu’évidemment, même à J-0, le monde continue de tourner), je reçois un mail de l’organisation.
Changement de plan.
Les conditions météo s’annoncent mauvaises en altitude : le parcours est totalement revu. On passe de 165 km / 10 000 D+ à 142 km / 7 250 D+. Moins long, moins haut, mais toujours très sérieux.

Je regarde rapidement le nouveau tracé : plus aucun sommet au-dessus de 2 200 mètres. Et là, étrangement, je ressens un immense soulagement. Comme si la montagne nous disait « Ok, on la fait, mais plus doucement cette fois ». J’ouvre ma feuille de route, je reprends tous mes temps de passage, les zones d’assistance, les points d’eau. Tout est à recalculer. Je note, je recoupe, je coche. Ça fait du bien de poser les choses. Je réajuste mes sachets de bouffe, je revois deux-trois micro-détails. Rien de révolutionnaire, mais cette fois, je le sens : ça va le faire.

Vendredi, 16h00.
Ligne de départ, Vielha. Dossard 131. On y est. Après trois ans d’attente, deux tentatives avortées, des kilomètres à s’entraîner sous la pluie, dans la boue, mais aussi sous la chaleur, je suis là. Et cette fois, ça part vraiment. Je suis censée être dans le SAS A, mais je pars plutôt en fin de peloton.

L’ambiance est électrique, comme toujours sur un ultra : tension silencieuse chez certains, euphorie contenue chez d’autres. Mehdi, ma mère et mon neveu sont là, à fond, derniers encouragements, dernières vérifications.
Dans mon dos : tout ce qu’il me faut pour passer une trentaine d’heures, peut-être plus, en montagne. Dans la tête : rien, ou presque. Juste cette envie d’y aller. D’y être enfin.

Le décompte démarre.
3… 2… 1…

Quelques gouttes tombent juste au moment du départ. Un clin d’œil du ciel, comme pour rappeler qu’ici, c’est la montagne qui décide. Il ne fait pas froid du tout, mais je mets quand même ma veste imper : je préfère éviter d’être trempée dès les premières heures. Ça part. Doucement. Parce que sur 142 kilomètres, je ne pars pas en sprint. Je laisse les autres filer, je me mets dans ma bulle. Pour une fois, j’ai lancé un podcast dans les oreilles, comme si j’étais en simple sortie longue. Ça m’aide à relâcher la pression. Les premiers mètres traversent Vielha dans une ambiance de feu : musique, applaudissements, spectateurs qui tendent les mains.

Je me répète : pas trop vite. La course commence après 100 km. Avant, c’est juste une très longue montée en température. Quand la pluie se calme un peu, je retire ma veste et la noue autour de la taille — pas très pratique d’ailleurs, il faudra que je pense à une meilleure astuce pour la ranger rapidement malgré le sac assez chargé.
Pour l’instant, j’ai décidé de laisser mes bâtons dans la ceinture, même pendant la première montée. Ca m’évite de faire trop grimper le cardio et je le sens bien comme ça.

Très vite, la pluie s’intensifie. Rien de violent au début, mais suffisant pour installer l’ambiance : ce sera humide. Dans la première vraie montée, les choses se corsent : la pluie redouble, et l’orage commence à gronder au loin. À ce moment précis, je suis profondément soulagée que l’organisation ait activé le parcours de repli. Moins exposé, moins haut, mais vu les conditions, c’est clairement le bon choix.

Le chemin est étroit, boueux, et les bouchons se forment. Je prends mon mal en patience. Pas de panique : la course est longue, le temps viendra. Mais ça glisse, et je commence à perdre de l’adhérence dans les appuis. Je finis par sortir les bâtons, pour accrocher un peu mieux. Et là, une petite voix dans ma tête rigole :

“Allez, c’est reparti pour un grand Trail du Gypaète.”
Boue, pluie, glissades… ça a comme un goût de déjà-vu.

La pluie finit par se calmer. Dans la première descente, le terrain est un peu gras, mais globalement ça passe. Je garde un œil sur ma montre : je sais que la première barrière horaire est serrée.

17h30. Je passe à 17h17 à Bassa d’Oles (km5). Juste, mais ça passe. Pas le temps de traîner : la suivante est encore limite. J’ai assez d’eau, pas besoin de ravito.

J’enchaîne direct.

Je continue à mon rythme, sans forcer, sans traîner non plus. Petit à petit, la machine se met en route. Le terrain reste humide, parfois technique, mais je me sens stable, régulière.

Je continue de jeter un œil sur mon anti-sèche (cf : les BH que j’ai noté derrière mon dossard !).

À Vilamos (km22), je pointe avec 45 minutes d’avance sur la barrière horaire. Ça y est, je respire. Maintenant, sauf gros pépin, ça devrait le faire.

Je ne pourrais pas te refaire un compte-rendu détaillé de chaque montée, chaque descente, chaque sentier — honnêtement, tout ne m’est pas resté gravé. Ce dont je me souviens clairement, en revanche, c’est de l’état d’esprit dans lequel j’étais : calme, focus, sereine. Même sous la pluie (qui s’est arrêtée), même dans la nuit à venir.

À partir de Bossòst 1 (km31), les visages familiers apparaissent pour m’encourager : Mehdi, ma mère, mon neveu. Première vraie pause : toilettes, remplissage de deux gourdes, deux mots échangés, un regard, et je repars. Pas besoin de plus. Leur présence me porte. Ils seront là, encore, plus loin. Et ça, ça change tout.

La nuit est tombée. J’ai bien réussi à m’alimenter pendant cette première partie. Après une montée, on est passés sur un chemin forestier avec quelques relances. Là, j’ai discuté un bon moment avec un coureur belge. C’était top pour avancer sans trop penser au chrono, tout en restant concentrée sur mon allure — pas la sienne.
Mais, comme souvent, j’ai fini par le lâcher pour continuer mon bonhomme de chemin.

Peu après, on a eu une portion de 4 kms de descente sur bitume. J’en ai profité pour dérouler, parce que j’étais bien, sans me cramer. J’ai repris pas mal de monde à ce moment-là, sans perdre d’énergie inutile.

Environ une heure avant la première base vie — Bossòst 2 — j’ai eu une grosse baisse d’appétit : plus envie de sucré, ni faim du tout. Du coup, j’ai rien mangé pendant une heure, histoire de laisser mon corps se réguler et réclamer juste après.

Bossòst 2, première base vie avec assistance, 1h35 du matin (après 9h35 de course, 61kms, 3030D+ et 3290D-). Depuis un moment, je sentais que ma chaussure droite me compressait un peu sur le dessus. J’ai pris le temps de la desserrer — un détail que j’avais zappé au Gypaète, et qui m’avait bien embêtée. Je me demande si ce n’est pas à cause des lacets qui se rétractent avec l’humidité… C’était la première fois que Mehdi me faisait l’assistance sur une course. Il m’a pourtant déjà bien supporté sur des off ou FKT, mais pas sur des ravitaillements de course. Du coup, on manquait un peu d’organisation, clairement. Mais j’ai réussi à manger un peu de bouillon, vider mes poches, les remplir avec ce qui était prévu, bu du coca etc… Après coup, j’aurais aimé prendre plus de bouillon (moins bouillant), ou repartir avec une gourde tiède. Sans trop m’en rendre compte, j’avais consommé environ 60 g de glucides par heure. J’ai aussi testé une boisson de récupération au chocolat, pour la première fois en course, et franchement, c’est une bonne idée ! J’ai rempli mes deux gourdes, fait un tour aux toilettes, et c’était reparti.

Temps de pause total : 9 minutes 10 secondes — c’est trop long, je sais.

Je ne me souviens plus très bien des détails de la nuit qui a suivi, mais je savais qu’en repartant du ravito, le jour se lèverait dans 4 à 5 heures. J’ai repris mon alimentation tranquillement, sans forcer, en écoutant mon corps.

Je sentais que j’étais un peu speed juste après ce ravito — peut-être l’adrénaline ou l’excitation de repartir — alors j’ai mis de la musique calme dans les oreilles pendant la montée, histoire de faire redescendre un peu le tempo. Dans l’ensemble, la nuit s’est plutôt bien passée.
J’ai eu un petit coup de fatigue pendant cette montée, mais rien de dramatique. Au final, je faisais juste un pas après l’autre, concentrée sur le mouvement. Et les descentes, elles, me réveillaient, me relançaient, me redonnaient un coup de fouet. Je sentais que mon ventre et diaphragme se tendaient au fur et à mesure des descentes. Alors, j’essayais de mettre en application des exercices de respiration transmis par Fred et Perrine lors de la petite formation Iceswitch (il faudra qu’on prenne le temps de vous en parler un d’ces 4). Mon assistance de choc venait m’encourager à presque tous les pointages (même sans assistance). T’inquiète que ça aide à faire passer le temps ça !!

Les kilomètres pour arriver à la deuxième base vie, à Salardu, se sont plutôt bien déroulés.
J’ai réussi à profiter du lever du jour, en admirant le paysage, tout en gardant un œil vigilant sur où je mettais les pieds. Si tout continue comme ça, je n’aurai pas besoin de sortir la frontale ce soir. Mais patience, il reste encore une grosse journée à passer, la truffe au vent.

Salardu, deuxième base vie avec assistance, samedi à 8h38 (après 16h38 de course, 99.5kms, 5350D+ et 5060D-), soit 2h30 d’avance sur mes prévisions . J’arrive au ravito, et là, un vrai petit plaisir : je mange des céréales avec du lait que j’avais demandé un peu avant à Mehdi. Ça m’a fait un bien fou, presque comme un vrai petit-déjeuner, et ça m’a redonné de l’énergie.

C’est à ce moment-là que Mehdi m’annonce que je suis dans le Top 15.
Jusque-là, je ne voulais pas trop savoir, parce que j’étais partie bien loin derrière, et que j’ai surtout passé la course à doubler du monde, plutôt qu’à me faire doubler. Mais j’étais aussi consciente qu’il restait encore environ 40 bornes, souvent techniques, et qu’en ultra, en une journée, il peut toujours se passer plein de choses.

Je m’applique à ne pas traîner au ravito : je vide mes poches, je les remplis avec la nourriture prévue, je remplis mes flasques, je bois une boisson protéinée, je mange mes céréales, du coca, un peu de bouillon.
Un passage rapide aux toilettes, un brossage de dents qui m’a fait un bien fou, et c’est reparti.

Depuis quelques kilomètres, je suis passée en mode gonflette : ma ceinture porte-bâtons autour du ventre devient insupportable. Du coup, je décide de garder mes bâtons dépliés, à la main, jusqu’à l’arrivée. Ça change la donne, mais au moins, je me sens plus libre. Ma veste est toujours autour de ma taille : je ne l’ai pas remise mais je sens que ça protège mon ventre des légers courants d’air, bien qu’il fasse assez chaud. J’espère seulement que la brigade du style ne traîne pas dans les parages !

De Salardu à Banhs de Tredos, je reprends un chemin que je connais déjà, puisque je l’avais reconnu il y a trois ans.
J’avais adoré cette portion du fameux Chemin de la Sorcière : un mix parfait de technique, de relances, et de sous-bois, idéal pour prendre du plaisir même quand les jambes fatiguent.

À mon rythme, je continue de rattraper du monde.
À un moment, je croise la dixième féminine qui tente un petit coup bluff — ça m’amuse plus qu’autre chose.
Sans me laisser déconcentrer, je poursuis mon chemin, tranquille, déterminée et en appuyant un peu plus sur cette portion que j’aime.

À Banhs de Tredos, surprise totale : je retrouve mes suiveurs en or, que je ne pensais pas revoir à ce point du parcours. Leur présence me donne un vrai coup de boost.
Mehdi m’annonce que je suis bel et bien dans le Top 10, avec deux féminines juste devant.
Mais je reste calme. Je sais ce qui m’attend. Pas question de m’enflammer maintenant.

J’entre alors dans le secteur de Colomèrs, que je ne connais pas encore, mais dont je me méfie : je sais que ça va être du gros caillou, bien technique et glissant. Ce n’est clairement pas l’endroit pour prendre des risques. Je prends donc mon temps. Je profite de la montée pour lever un peu les yeux, écouter les nouveaux grondements d’orages au loin, ramasser quelques grêlons perdus sur le faux plat caillouteux, avant d’entamer la descente tout en prudence vers le ravito.

Finalement, ces 7 km n’étaient pas si terribles. Ensuite, je sais que les 10 km jusqu’à Mont Romies vont demander de l’énergie, et bonne nouvelle : j’ai les jambes et la tête pour ça.
C’est un vrai bonheur d’alterner faux plats montants et descendants, de passer sous les petits tunnels, puis d’enchaîner sur une dernière descente bien glissante (celle-là, je l’ai moins kiffée forcément), jusqu’à la dernière base vie, à Arties. À l’arrivée, il y a une ambiance de folie : ça fait un bien fou de se laisser un peu porter par l’énergie du public.

Arties, troisième et dernière base vie avec assistance, samedi à 13h54 (après 21h54 de course, 130kms, 6600D+ et 6400D-) : je n’aurais pas dû traîner, mais je prends quand même le temps de vider mon sac, de récupérer ce que j’avais prévu, et de faire un passage express aux toilettes. Sur ma montre, il restait plus de 15 km, même si, sur le papier, il en restait seulement 12. Dans le doute, je préfère repartir bien chargée.
Temps de pause : 2 min 45.

En repartant du ravito, je sens tout de suite que le jus commence à manquer.
On m’encourage à accélérer, à tenter quelque chose — mais mon corps ne suit plus. Tant pis.
Je continue à avancer, à relancer au mieux, sans m’arrêter, sans forcer non plus. Juste avancer, avec ce qu’il reste.

La montée est raide, mais je la connais : c’est la dernière.
Je monte à mon rythme, tranquille, en gardant un peu d’énergie pour le faux plat montant qui suit, juste avant d’attaquer la dernière descente.

Et là… ça coince. Dès les premiers mètres de la descente, je sens mon ventre qui se tord de crampes.
Autant, depuis le début de la course, je sens que mon diaphragme est complètement tendu et que j’essaye de le masser pour me soulager comme je peux et rendre ces parties plus agréables, mais là, c’est différent. Le début est un chemin forestier, un terrain que j’apprécie normalement. Cette fois, j’ai trop mal. Un peu frustrée de ne pas pouvoir envoyer ce qu’il me reste, je suis obligée de me plier en deux par moments, juste pour continuer à avancer. J’ai faim, mais je ne peux plus manger.

Les derniers kilomètres de la descente sont bien plus raides, glissants, techniques — exactement le genre de terrain que je ne maîtrise pas du tout. Chaque pas demande de la concentration. Je serre les dents. Je pense à l’arrivée. Et j’avance.

De temps en temps, je jette un œil derrière moi, juste au cas où… C’est sans doute le seul moment de toute la course où je vois clairement deux coureurs me doubler, tandis que moi, je ne reprends plus personne. Ça y est, je sors de la forêt, ouf : Mehdi et Malo sont là. Je sais que l’arrivée est proche.
Ils me lancent direct :

« Dépêche-toi ! La Japonaise a pointé 5 minutes après toi en haut ! »

Aïe aïe aïe. Là, c’est clair : pas le choix, faut tout donner.

Je me mets à sprinter comme je peux. Il reste environ 500 mètres. Chaque foulée brûle, mais j’y vais, je lâche rien. Malo se retourne régulièrement pour surveiller l’arrière et me rassurer, mais moi, je reste dans ma bulle : pas question de me faire doubler maintenant, pas à quelques mètres de la ligne.
Je serre les dents, j’aligne les mètres…
Et je franchis la ligne, sans que personne ne revienne.

Ouf.
24h11min26 après être partie, la veille à 16h00, je franchis enfin la ligne d’arrivée de ces 143 km et 7700 m de D+.
Je termine 99e au scratch et 7e femme.
Le Top 10 féminin sur une course « Major » de l’UTMB… cet objectif un peu fou que j’avais commencé à rêver — je l’ai fait.
C’est synonyme de billet direct pour l’UTMB !

Grâce à une équipe de choc, je ressens une immense satisfaction et un soulagement aussi.
Mais surtout, je sais qu’il y a encore beaucoup de marge de progression et beaucoup de points à améliorer pour être meilleure.
Et ça, c’est ce qui me donne encore plus envie de repartir à l’aventure, à l’entraînement, toujours aussi bien accompagnée par Cindie et soutenue par Mehdi :)

Prochain ultra : RDV pour l’Infernal 200 des Vosges, mi Septembre !

Le trail du gypaète – 75 kms

En guise de prépa course pour le Trail du Val d’Aran prévu début Juillet, j’ai décidé de m’inscrire au Trail des 3 Lacs ; qui est une course de 76kms et 4800 D+/-, une des épreuves du Trail du Gypaète, et à une heure de la maison.

Vendredi 6 Juin, direction Scionzier pour faire la séance sport du jour prévue, avant de récupérer le dossard et de se poser à l’hôtel, le temps de quelques heures de sommeil (ou pas).
Avant cela, le vendredi, en fin de journée, au vu des orages annoncés, j’ai été informée que le départ de la course serait décalé d’une heure : chouette, voilà une course de préparation qui commence bien… Pour info, les deux dernières éditions du Val d’Aran ont été annulées en cours à cause d’orages violents.

Toute la nuit, je suis sur le qui vive : il verse ; quand est-ce qu’on va entendre l’orage tomber ?
3H00 : Quelques heures plus tard ou… quelques minutes avant mon réveil : ayez, ça pète. On voit les éclairs, violents, à travers la vitre. On entend la pluie tomber à grosses cordes : c’est mort, si les orages ne se calment pas, je ne prends pas le départ, prévu à 5h30.
Je me prépare tout doucement quand même. J’ai le ventre noué, la nausée : je ne déjeune pas, tant pis.

4h45 : j’arrive à Scionzier, beaucoup plus détendue. Il ne pleut plus que par intermittence et les orages se sont arrêtés. Mehdi devrait pouvoir me suivre à bicyclette sur les différents ravitaillements.

5H20 : briefing par Ludo Collet : il repleut comme pas possible, mais finis les orages. La pluie, je m’en fiche, même si je commence à appréhender l’état des sentiers avec toute l’eau tombée.

5h30, départ : je pars tranquille car je sais que 80kms (j’arrondis toujours au supérieur), c’est long. Au bout de 1-2kms, on a quasi que du plat / piste cyclable. Au km7/8 : énorme coup d’orage avec éclair à proximité : je ne suis pas rassurée, mais j’ai vu la météo avant de partir : après ça, finis les orages, j’ai confiance ! La pluie, le froid, je m’en fiche. Dès le début, sur le plat, je sens que mon cardio ne veut pas vraiment monter. Je ne me focalise pas dessus.

Première montée vers Romme : le terrain est super gras, ça annonce la journée. Je reste toujours à basse intensité en montant tranquillement, sans pression, je prends le temps de m’alimenter comme prévu. 

R1, Romme : je remplis 1 flasque d’eau et je repars aussitôt.
Je continue la montée, puis je redescends vers Le Reposoir. Je ne m’en souviens pas trop.

R2, Le Reposoir (km21) : Vue la météo, je n’étais pas sure que Mehdi montrait à vélo (on s’était dit que c’était OK s’il ne venait pas au cas où la météo serait cata et que je ferais avec la nourriture des ravitos (comme j’ai toujours fait, ou presque)), donc j’ai « rationné » ma nourriture, au cas où. Finalement, bonne surprise, il était là. Je reprends de la nourriture, de l’eau, un bisou et en route pour qu’on attrape pas froid.

S’en suit une bonne montée avec une portion de route puis sentiers. Je traverse le Col de la Colombière avant de redescendre sur Le Chinaillon. Je me souviens qu’il y avait une bonne portion de piste de ski à descendre : dès que je peux j’essaye d’aller un peu plus vite. Mais depuis le début, je sens le cardio bloqué et les cuisses raides.

R3, Chinaillon (km36) : Je retrouve Mehdi au Chinaillon qui m’indique que je suis juste avec la Barrière Horaire (à peine 15min d’avance). Mais quoi ?? Je ne comprends pas comment c’est possible alors que je double du monde petit à petit. Malgré le départ décalé d’une heure, les barrières horaires, elles, ont été décalées de 30minutes. Je veux bien être dans les derniers mais quand même… Je ne pensais pas à ce point. Alors, je ne traîne pas. Ce fait d’être à la traine confirme mes sensations bof que je fais en sorte de ne pas écouter depuis le début. Par contre, j’arrive à bien manger ce que j’ai prévu : c’est déjà ça. Un p’tit coucou à Max qui est de passage et je file ; même pas pris le temps de passer au pipi-room.

Je repars du Chinaillon un peu négative car jusque là, j’ai réussi à faire abstraction de la mauvaise météo, de mes difficultés à relancer dans la boue et là, mince, et si je me faisais arrêter à cause des BH ! Tant pis, c’est comme ça. Je ne relâche pas mes efforts, mais je n’arrive toujours pas à aller plus vite. Je ne comprends pas pourquoi : je mange ce que j’ai prévu, j’adapte ouverture/fermeture de ma veste selon la météo. Tant pis, je fais avec, comme d’hab.

Je sais que le chemin jusque Solaison est assez long. Après le début de la montée bitume, j’enchaîne sur les sentiers/montagne bien gras pour monter à l’Aiguille Verte. De temps en temps, je mets la musique, ça me fait beaucoup de bien : c’est la première fois que je fais ça en course. Je pense que c’est pas mal. Une fois de plus, je n’arrive pas à relancer quand il le faudrait. Il y a quelques passages plus « montagne » mais j’y vais sans appréhension, à mon rythme. Je ralentis si je sens qu’il y a plus de « danger ». Malgré tout, j’essaye de profiter des paysages, entre deux averses et rafales. J’arrive au col de Sosay et là : gros coup de tempête : grêlons, rafales de vents incroyable. J’ai froid, mais je ne peux pas m’arrêter pour mettre ma sous couche, sinon c’est hypo assurée. Alors j’avance, aussi vite que je peux. Mais vite, je n’y arrive pas, alors j’avance sans m’arrêter. Je ne sens plus trop mes mains sur les bâtons. Mais je me réchauffe tout doucement en redescendant et au moment où la pluie et le vent cessent.

Les derniers kms avant Solaison sont un peu longs et j’ai un petit coup de moins bien mais je continue d’avancer tranquillement.

R4, Solaison, km54 : en arrivant, une bénévole m’annonce qu’on ne montera pas à la Pointe d’Andey car la descente est jugée trop dangereuse. Elle estime que ça me fait gagner une bonne heure. Dans ma tête, ça me fait du bien ! 

Au ravito, Mehdi remplit mes 2 flasques d’eau et je prends mon sachet de nourriture prévu. J’en profite pour boire quelques gorgées de coca qui me font du bien. Je repars de Solaison et là, longue descente dans la giga boue, j’avance à rien…

R5, Brison : que 5.5kms depuis le dernier ravito mais j’ai super mal au ventre. Je mets ça sur le dos de la descente mais c’est bizarre. Je n’ai quasi pas mangé. Je ne prends pas mon sachet ravito prévu car j’ai encore quelques trucs d’avant. Un coucou à Mehdi et je repars, crampe au ventre. Je me dis que la petite montée à venir va me soulager, un peu seulement. Je remange un peu et je file jusqu’au dernier ravito. La descente est, comme tout le reste, spongieuse, gadouilleuse, tout, mais ce n’est pas pire que celle d’avant.

R6, Mont Saxonnex : juste en arrivant sur la partie bitume, de nouveau grosse crampe. Aïe, il faut que je trouve rapidos des toilettes. Mission réussie, mais c’est décidé : il ne faut plus que je mange jusque l’arrivée, j’ai trop mal au ventre. 

Je repars du ravito ressourcée après vous avoir vu et échangé quelques mots avec Mehdi, Cindie et Thomas :) . Je sais que la route est encore longue et qu’il me reste 12kms pour rallier l’arrivée. Je ne me souvenais pas qu’il y avait encore une telle montée car j’appréhendais la dernière longue descente. J’essaye quand même de me forcer à boire un peu d’eau. Il fait un peu plus chaud mais il continue à il y avoir un peu de vent et des petites averses par ci par là, donc je fais le choix de garder ma veste. Fin de la montée, ça bascule vers la descente. J’ai envie de me lâcher. Mais c’était sans compter sur un passage costaud en pourcentage et accentué par la boue. Avec d’autres coureurs (pour s’assurer que c’était OK pour tous), on a mis 20′ pour faire 1 km. Mais à ce niveau là de la course, je m’en fichais… Sur les 5 derniers kms (voire plus), j’ai réussi à m’employer un peu plus malgré les cuisses qui couinaient depuis de nombreux kms, car hâte d’arriver.

20h20, je franchis la ligne d’arrivée en 14h51.

Même si ce n’était qu’une course de préparation, sans période d’affutage spécifique, j’avoue que j’étais un peu déçue du chrono/classement. C’est du détail, je le sais bien mais, après discussion avec d’autres coureurs, ils sont plusieurs à avoir été bifurqués au km 51, vers les plus petites distances, les faisant raccourcir de 10kms le parcours initial. Mais, il n’y avait pas de pointage à ce moment là. Ils ont été plusieurs à avoir été classés normalement (sans même avoir l’1h30 de pénalité des 2kms en moins que j’ai eu) , donc classement non fiable – et je n’en veux, bien entendu, à personne. Car, au vu des conditions, tout le monde a fait au mieux pour que la journée se déroule correctement.

En dehors de ce détail, je ne suis pas peu fière de ne pas avoir abandonné face aux difficultés météorologiques et du parcours. Un bien grand merci à mon suiveur ravito à bicyclette et motivateur hors pair : Mehdi :D
C’est un tracé que j’aimerais vraiment refaire, hors boue car les paysages ont vraiment l’air superbe et la diversité des terrains fait qu’on ne voit pas les kilomètres défiler !

Prochaine course : RDV pour le trail du Val d’Aran, début Juillet !

MDS 2025- Repos et Étape 5

Jeudi : une journée où l’on ne fait rien… enfin, si, c’est possible ! 😅

A 6h00, ni vu ni connu, j’étais prête pour enquiller de nouveaux kilomètres, mais que nenni. Alors, j’ai marché autour du camp, ramassé du petit bois pour le feu collectif.

J’ai profité de cette journée pour me reposer, observer les coureurs finir leurs 80 kms, capter l’émotion dans leurs jambes, dans leurs yeux, et laisser cette énergie m’envahir. Ce mélange de fatigue et de fierté se lit dans chacun d’eux, et c’est ce qui rend tout ça si fort.

Il faut savoir que le MDS est fait pour que de bons marcheurs puissent aller au bout, et franchir les barrières horaires. Le serre-fil n’est rien d’autre qu’un dromadaire 🌞

La nuit du jeudi au vendredi, en revanche, a été assez… épique. Des orages monstrueux avec des éclairs éclatants qui ont illuminé le ciel d’une manière impressionnante. À 00h, je lance à Morgane (qui ne dormait pas à ce moment là) :
« Tu entends ça ? Ça va tomber fort. Faut qu’on protège la tente. »
Alors, dans la tempête, on improvise : on attrape une bâche, et on la fixe tant bien que mal sous les rafales, et la pluie commence à déferler. Le vent souffle si fort que je me retrouve à m’avachir contre la tente, de peur qu’elle ne parte en vol plané. Mais, au bout d’un moment, ça se calme. Pfiou, quelle aventure. On dirait bien que je suis en train de bosser mes abdos sans m’en rendre compte. 😆
Finalement, je m’endors bien plus tard, avec les bruits du vent et des orages en fond sonore. Le réveil à 5h00 m’arrache un sourire fatigué. 🌧️⏰

En début de semaine, j’ai perdu ma pilule. Résultat : je suis indisposée. Mais bon, ça ne m’empêche pas de me lever, d’essayer d’avaler un petit déjeuner (ah, cette bonne gâche aux éclats de chocolat, une tuerie 🤤), même si mon ventre n’a pas du tout apprécié le crumble pommes-banane. Pas grave, je pars pour 42 kms avec presque rien dans le ventre. Je me rappelle le trail des deux châteaux, de 25 km que j’ai fait il y a un mois : après une petite intox’, j’avais vomi 48 h avant, presque rien mangé pendant deux jours, et malgré tout, ça avait tenu.
Alors, cette fois, pas de raisons que ça ne passe pas non plus. 💪

La veille, j’apprends que je suis 8ème au classement féminin. Mais attention, les filles derrière sont des fusées sur des distances courtes, et elles ne sont même pas à 8 minutes derrière au général. Pas le choix : si je veux garder ma place, je dois y aller à fond.
Je modifie mon « packaging » : flasque de 50 cl dans la poche ventrale, deux petites gourdes de 250 mL sur les épaules. Ma bouteille d’1L, je la laisse dans le sac pour respecter le matériel obligatoire, mais je la garde au cas où. (Après tout, un petit sachet zip aurait sûrement suffit… cf Vincent Bouillard, à méditer pour la prochaine fois ? 😉)

Je me place un peu plus en avant du peloton pour éviter de me retrouver derrière les marcheurs comme les autres jours. Et là, c’est parti… ça démarre fort ! Avec un petit carbolevure dans le ventre, j’ai l’impression que ça va tenir. GO, j’avance. Je suis là pour apprendre : soit je gagne, soit je me crame en vol. Le cardio est à la limite du rouge, mais les jambes répondent bien, alors je pousse. 🚀

Jusqu’à la dune du km 21, tout roule. Les CP s’enchaînent assez vite, ce qui est super pour garder le rythme. Victoire : j’arrive à manger 2 cacahuètes et 1 bonbon à chaque CP (avec un peu de gel Hydration Precision, bien sûr). La descente de la dune est juste incroyable. 😍

Photo : Marathon des Sables et Florent Fournier

A 5 kms du CP 4 (au km 26.8), j’ai un petit coup de mou sur du plat/faux plat montant avec un vent de face. Je tente de courir sans m’arrêter, de continuer à avancer. Peu importe le rythme, il faut y aller et ne rien regretter.
Mais au km 38.7, une succession de dunettes interminables pendant 5 km me met à l’épreuve. Et là, erreur de débutante : au km 34.1 (dernier CP), il y avait encore des nuages, alors je repars du CP sans me mouiller, sans mettre ma casquette (suite à l’étape longue, je me suis rendue compte que de ne pas mettre ma casquette me permettait de mieux ventiler). Une erreur qui sera fatale. Le soleil arrive d’un coup, et avec lui, la chaleur implacable. Je n’ai plus de jus, mes réserves sont au minimum, et je peine à monter les dunettes. Je ne peux rien avaler non plus. Une autre féminine me double avant la fin, mais je n’ai plus la force de la suivre. 🏃‍♀️💨

A l’arrivée, après 4h45 de course, je suis complètement HS. Le dernier coup a été dur, mais je suis fière d’avoir tout donné. Ça me prend un moment pour me redresser. Pas facile, mais je n’ai aucun regret. 🙌 Merci à Florent d’avoir pu capter ces moments d’émotions (cf galerie en bas du post et son site https://celiope.fr/ ).
Comme les autres jours, je prends le temps de me reposer. Un voisin me donne même des sachets de soupe, car il avait trop de nourriture.
Merci, vraiment ! 🙏

L’après-midi, une douce mélancolie m’envahit. C’est la dernière après-midi dans le désert, loin de tout : pas de réseaux, pas de téléphone, pas de travail… juste l’essentiel.
Et ça fait du bien. Je mets de côté mon ventre toujours en vrac. 😌
Comme tous les jours, je prends les électrolytes et la prot’ en arrivant au bivouac.
Le soir, je mange enfin ma purée de pommes de terre, et là, c’est un vrai réconfort. Parfait pour me mettre au lit (enfin, au tapis, dans le duvet), pour passer la dernière nuit au bivouac. 🌙


Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 42.2, 424D+/424D-
⏱ En 4h45, 87ème au général, 8ème femme sur l’étape du jour
Après la cinquième étape : 71ème au général, 9ème femme (c’était prévisible, mais ça fait toujours plaisir ! 😉)
📊 Moyenne de l’étape : 9.01 km/h


Photos : Florent Fournier