Victoire sur la Chartreuse Backyard

◾️ B A C K Y A R D 🏃‍♀️◾️47 LOOPS – Vainqueure

Vendredi 31/10 – 12h : @chartreusebackyard top départ pour un nombre inconnu de boucles de 6,706 kms à parcourir en moins d’une heure, avant de repartir pour la suivante. Un concept concocté par Laz. Les premiers tours me permettent de prendre des points de repère : demi-tour vers 25’30’’, puis la cabane vers 40’ pour être au ravito vers 49’. Au camp de base 🏕️, j’y retrouve Mehdi qui est à mes p’tits soins : tu manges quoi ? Tu veux repartir avec quoi ? Tiens, prends ça. Mets le masque et le casque, assieds toi et repose toi, je m’occupe de tout 🥰.

3 coups de klaxon nous indiquent que dans 3’ ça repart pour un tour. J’enlève ma panoplie de repos 😴, je me remets en condition. Je fais le vide avec Mehdi 🧘‍♀️et ça repart comme neuf. Les premières heures, Ludo Collet est là pour nous encourager 🎤

Je me sens bien. Je me sens à ma place. 18e heure, j’ai un petit coup de fatigue alors je ralentis un peu (boucle en 52’). Après une pause et un p’tit café ☕️, ça repart ni vu ni connu. Après ça, je n’aurai plus de coup de mou. Les écouteurs vissés sur les oreilles, Céline Dion, Footing souple , les Neg’Marrons, tout y passe 🎶 . J’adapte ma tenue à la météo mais je ne passe pas mon temps à me changer. La journée du samedi défile. Maud et Max’ m’emmènent quelques victuailles. Ça fait plaiz’ 🍬

Les gens continuent de nous encourager alors que nous sommes encore 12 au bout de 30h. La nuit est tombée, je continue ma bonn’femme de chemin.

Je m’hydrate et m’alimente assez bien (purée, riz, bonbecs’, céréales au lait, quelques gels, petits pots pour bébé et bouillon seront mon principal carburant). Mehdi prend soin de mes p’tits muscles à coup de léger massage avec huile et pistolet (merci Albertville Terre de Running ). Pas de bobos à signaler, grâce à la prépa au top de Cindie, toujours à l’écoute 🙏🙏

Vers 00h, la pluie commence à tomber. A 2h du mat’, on se retrouve à deux avec Anthony . Je me surprends à commencer à bien apprécier cette boucle. J’y trouve un côté réconfortant. Je me sens vraiment bien. La pluie s’intensifie au cours de la nuit. À 5h du mat’, ma frontale décide de me lâcher en début de boucle (trop d’humidité ?). L’assistance en cours de boucle étant disqualifiante, il va falloir que je me débrouille à la lumière de mon téléphone (matos obligatoire, heureusement). J’arrive à finir le tour dans mon temps habituel, en y voyant très peu, je me demande encore comment j’ai réussi à avancer si bien dans la nuit. À chaque boucle, on se croise avec Anthony. On échange quelques encouragements. Les trombes d’eau transforment le sentier en un petit cours d’eau. Je ne cherche pas mon chemin et je file droit dans l’eau depuis plusieurs heures. À chaque tour, Mehdi sèche mes vêtements et je repars comme neuve, avec mon poncho. Je n’ai pas changé mes sous vêtements Hästko ni mes souliers Nnormal de toute la course.

9h50, dimanche : comme à chaque tour, j’entre dans la salle et les organisateurs me disent qu’ils doivent me parler d’un sujet. Je réponds : ah oui, vous allez changer le parcours, c’est ça ? (Je me préparais déjà à changer de souliers pour des chaussures routes etc). Et ils m’invitent à repartir pour un dernier tour solo car Anthony a récupéré sa montre en cours de boucle alors que l’assistance est interdite : c’est la disqualification pour lui.

Je file alors pour la 47e boucle, toute seule cette fois-ci, sous les applaudissements des courageux sortis sous la pluie battante.

Après 46h46’, me voilà la première femme française à remporter une Backyard

Objectif : ne pas être DNF, réussi. En prime, je décroche ma place pour rejoindre l’équipe de France pour les championnats du monde de Backyard par équipe en Octobre 2026. La Backyard, tu finis solo, mais c’est surtout de l’adaptation, de la stratégie, de l’endurance et de la lucidité : encore une belle aventure jouée en duo avec mon partner in crime Mehdi Yahi que je ne remercierai jamais assez.

RDV en 2026

Les Vosges – Infernal Trail 200 kms

Photo : Anthony Pouille

◾️ I N F E R N A L 200 🏃‍♀️◾️43H38-4ème F – 42ème scratch

Vendredi 12.09, 23h50. Après avoir été malade pendant une bonne semaine 🤧et m’être foulée la cheville 10 jours avant 🦶🏼, je me sens calme et apaisée dans la raquette 🧘‍♀️.
00h01, départ sous la lumière du feu d’artifice de L’infernal Trail des Vosges, pour 214kms, 10000D+ : 4 ans après ma victoire sur ce 200 et 9 ans après avoir découvert le trail à l’Infernal.
Sans surprise à la suite des footings de la semaine, je sens ma cheville à chaque pas et, comme à mon habitude, je pars prudemment. 215kms, c’est long, voire très long. Je laisse tout le monde me doubler, s’essouffler déjà pour certains.
Rapidement, la pluie 🌧 s’invite à la danse : cette balade s’annonce épique. Je me dis que, l’avantage, c’est qu’à la fin de la course, je saurai peut-être, enfin, bien courir dans la boue 💩
Je sens très rapidement que mes capacités cardio respiratoires sont limitées 😵. Je ne suis plus enrhumée mais c’est en train de descendre sur les bronches. Je me dis que ça va sûrement passer. Ou pas. Même mes bâtons me semblent lourds (on se rendra compte, une fois rentrés, que j’avais pris ceux de Mehdi 🤦🏼‍♀️).
J’avance, de ravitos en ravitos, où je vois Mehdi qui m’y retrouve en bicyclette, trempé, comme nous tous. Il m’encourage, me soutient 🙏. 2-3h après le départ, alors que ma cheville gauche se fait sentir, c’est la cheville droite qui vrille un peu trop : sûrement jalouse de l’attention portée à gauche🙊.

Photo : Anthony Pouille

Le terrain : ça monte 📈, ça descend 📉et rebelotte. Je garde mon allure de croisière, je gère la nutrition🥨, la pluie, le brouillard et le suivi du balisage comme je peux. Parfois de petits groupes de coureurs se forment puis se quittent. Je n’arrive pas à mieux respirer. C’est ainsi, je composerai avec. Les pieds commencent déjà à macérer : je ne sais pas si l’humidité, le froid ou les heures qui passent, mais je ne sens plus les douleurs aux chevilles même si je sens que tout se rigidifie. Tant mieux, je prends 🥳
Km60, 11h05 – Bussang – BV1 : Je vide mes poches, que je remplis avec de nouvelles forces, un coup de lingettes, 2-3 mots échangés avec Anthony Pouille et ça repart. Je ne me change pas. Depuis le début, je fais beaucoup d’arrêts toilettes 🚽, mais je ne me retiens pas : ça m’évite les crampes de ventre auxquelles je suis souvent sujette.
La pluie s’est arrêtée depuis ce matin. Les sentiers sont un peu moins trempés et j’avance, j’avance. 13h20, j’ai un premier gros coup de fatigue. C’est normal, habituellement, c’est l’heure de la sieste😴. Patience, ça va passer. L’après midi, se passe tranquillement 🏃‍♀️

Km100, 19h11 – Saint Amarin – BV2 : Juste avant d’attaquer la nuit, avec Mehdi, je prends le temps de vider / remplir le sac, me brosser les dents🪥, un coup de lingette et je repars avec un bol de riz 🍚que je gobe en marchant. Me voilà prête pour aller au lit🛌. Euh, pour crapahuter toute la nuit 😅.
Pour gérer ma propre allure, j’avance souvent seule pour ne pas me cramer. Mais dans la nuit, je partage quelques kms avec Nath, jusqu’au Drumont. Un peu d’eau chaude dans les flasques, de la pastèque🍉, et ça repart dans la descente direction la dernière BV. Les terrains sont joueurs tandis que la fatigue se fait sentir. Les bénévoles sont toujours aux petits soins !

Km145, 5h04 – Cornimont – BV3 : Mehdi m’attend. Je vide/remplis mon sac. Je ne me plains pas trop même si je suis fatiguée, mes articulations et mes poumons me font mal. Je ne traîne pas et je repars encore avec un peu de riz. La montée au col des Hayes est compliquée : je m’endors, je ralentis, je m’arrête toutes les 5 minutes persuadée que j’ai besoin de faire pipi et qu’il faut que j’en profite tant qu’il fait nuit et qu’il n’y a personne 😅. Le jour se lève et ça fait du bien. On retrouve les coureurs des autres formats : je me rends compte que ça me panique un peu d’avoir autant de monde autour de moi qui court si vite. Je me recentre sur moi-même pour faire abstraction de l’environnement.
Dans la matinée je passe à Rochesson, je vois les copains 😍, et la suite du parcours, je la connais à peu près. Je sais que ça va être long mais je fais au mieux pour avancer et arriver avant la nuit à Saint Nabord. La fin, comme la première fois, va être un long chemin de croix. Heureusement, les quadris et ischios sont indolores (merci Cindie Dechambre pour la prépa aux p’tits oignons 👌).

Les coureurs des autres courses m’encouragent, félicitent tandis que d’autres lancent des remarques inappropriées mais je retiens le positif. Je pousse, tant bien que mal, pour avancer 💪. Je sens que mes poumons sont surchargés, j’hyperventile et ça me fait tourner la tête😵. Parfois je ralentis un peu, mais non, je veux en finir. Mon genou, mes chevilles et pieds me font mal, je sens des frottements partout, mais le mental est bien là. J’avance, j’avance. Ma montre me lâche 10 kms avant la fin. C’est interminable.
19h38 – Arrivée à saint Nabord, 4eF, 42e au scratch – 214kms, 10700D+, c’était… Infernal. J’ai donné ce que j’avais, avec la forme du jour. Je n’aurais vraiment pas pu faire mieux. Une fois à l’arrêt, l’asthme a bel et bien pris le relais 😅.
C’est la première fois que je me suis posée la question, une fois la course terminée, si c’était vraiment judicieux d’avoir pris le départ « dans cet état ». J’ai voulu aller au bout, et ne pas abandonner, tout en sachant que je n’avais pas mon plein potentiel ce jour là, pour me rendre compte de ce que ça pouvait donner, où est ce que mon corps et ma tête me permettait d’aller.

Je le sais, encore plus maintenant, la réponse est : très loin. J’y crois. Je ne lâcherai rien 🙏🏻

Prochain ultra : RDV pour la Chartreuse Backyard fin Octobre !