
◾️ I N F E R N A L 200 🏃♀️◾️43H38-4ème F – 42ème scratch
Vendredi 12.09, 23h50. Après avoir été malade pendant une bonne semaine 🤧et m’être foulée la cheville 10 jours avant 🦶🏼, je me sens calme et apaisée dans la raquette 🧘♀️.
00h01, départ sous la lumière du feu d’artifice de L’infernal Trail des Vosges, pour 214kms, 10000D+ : 4 ans après ma victoire sur ce 200 et 9 ans après avoir découvert le trail à l’Infernal.
Sans surprise à la suite des footings de la semaine, je sens ma cheville à chaque pas et, comme à mon habitude, je pars prudemment. 215kms, c’est long, voire très long. Je laisse tout le monde me doubler, s’essouffler déjà pour certains.
Rapidement, la pluie 🌧 s’invite à la danse : cette balade s’annonce épique. Je me dis que, l’avantage, c’est qu’à la fin de la course, je saurai peut-être, enfin, bien courir dans la boue 💩
Je sens très rapidement que mes capacités cardio respiratoires sont limitées 😵. Je ne suis plus enrhumée mais c’est en train de descendre sur les bronches. Je me dis que ça va sûrement passer. Ou pas. Même mes bâtons me semblent lourds (on se rendra compte, une fois rentrés, que j’avais pris ceux de Mehdi 🤦🏼♀️).
J’avance, de ravitos en ravitos, où je vois Mehdi qui m’y retrouve en bicyclette, trempé, comme nous tous. Il m’encourage, me soutient 🙏. 2-3h après le départ, alors que ma cheville gauche se fait sentir, c’est la cheville droite qui vrille un peu trop : sûrement jalouse de l’attention portée à gauche🙊.

Le terrain : ça monte 📈, ça descend 📉et rebelotte. Je garde mon allure de croisière, je gère la nutrition🥨, la pluie, le brouillard et le suivi du balisage comme je peux. Parfois de petits groupes de coureurs se forment puis se quittent. Je n’arrive pas à mieux respirer. C’est ainsi, je composerai avec. Les pieds commencent déjà à macérer : je ne sais pas si l’humidité, le froid ou les heures qui passent, mais je ne sens plus les douleurs aux chevilles même si je sens que tout se rigidifie. Tant mieux, je prends 🥳
Km60, 11h05 – Bussang – BV1 : Je vide mes poches, que je remplis avec de nouvelles forces, un coup de lingettes, 2-3 mots échangés avec Anthony Pouille et ça repart. Je ne me change pas. Depuis le début, je fais beaucoup d’arrêts toilettes 🚽, mais je ne me retiens pas : ça m’évite les crampes de ventre auxquelles je suis souvent sujette.
La pluie s’est arrêtée depuis ce matin. Les sentiers sont un peu moins trempés et j’avance, j’avance. 13h20, j’ai un premier gros coup de fatigue. C’est normal, habituellement, c’est l’heure de la sieste😴. Patience, ça va passer. L’après midi, se passe tranquillement 🏃♀️
Km100, 19h11 – Saint Amarin – BV2 : Juste avant d’attaquer la nuit, avec Mehdi, je prends le temps de vider / remplir le sac, me brosser les dents🪥, un coup de lingette et je repars avec un bol de riz 🍚que je gobe en marchant. Me voilà prête pour aller au lit🛌. Euh, pour crapahuter toute la nuit 😅.
Pour gérer ma propre allure, j’avance souvent seule pour ne pas me cramer. Mais dans la nuit, je partage quelques kms avec Nath, jusqu’au Drumont. Un peu d’eau chaude dans les flasques, de la pastèque🍉, et ça repart dans la descente direction la dernière BV. Les terrains sont joueurs tandis que la fatigue se fait sentir. Les bénévoles sont toujours aux petits soins !

Km145, 5h04 – Cornimont – BV3 : Mehdi m’attend. Je vide/remplis mon sac. Je ne me plains pas trop même si je suis fatiguée, mes articulations et mes poumons me font mal. Je ne traîne pas et je repars encore avec un peu de riz. La montée au col des Hayes est compliquée : je m’endors, je ralentis, je m’arrête toutes les 5 minutes persuadée que j’ai besoin de faire pipi et qu’il faut que j’en profite tant qu’il fait nuit et qu’il n’y a personne 😅. Le jour se lève et ça fait du bien. On retrouve les coureurs des autres formats : je me rends compte que ça me panique un peu d’avoir autant de monde autour de moi qui court si vite. Je me recentre sur moi-même pour faire abstraction de l’environnement.
Dans la matinée je passe à Rochesson, je vois les copains 😍, et la suite du parcours, je la connais à peu près. Je sais que ça va être long mais je fais au mieux pour avancer et arriver avant la nuit à Saint Nabord. La fin, comme la première fois, va être un long chemin de croix. Heureusement, les quadris et ischios sont indolores (merci Cindie Dechambre pour la prépa aux p’tits oignons 👌).
Les coureurs des autres courses m’encouragent, félicitent tandis que d’autres lancent des remarques inappropriées mais je retiens le positif. Je pousse, tant bien que mal, pour avancer 💪. Je sens que mes poumons sont surchargés, j’hyperventile et ça me fait tourner la tête😵. Parfois je ralentis un peu, mais non, je veux en finir. Mon genou, mes chevilles et pieds me font mal, je sens des frottements partout, mais le mental est bien là. J’avance, j’avance. Ma montre me lâche 10 kms avant la fin. C’est interminable.
19h38 – Arrivée à saint Nabord, 4eF, 42e au scratch – 214kms, 10700D+, c’était… Infernal. J’ai donné ce que j’avais, avec la forme du jour. Je n’aurais vraiment pas pu faire mieux. Une fois à l’arrêt, l’asthme a bel et bien pris le relais 😅.
C’est la première fois que je me suis posée la question, une fois la course terminée, si c’était vraiment judicieux d’avoir pris le départ « dans cet état ». J’ai voulu aller au bout, et ne pas abandonner, tout en sachant que je n’avais pas mon plein potentiel ce jour là, pour me rendre compte de ce que ça pouvait donner, où est ce que mon corps et ma tête me permettait d’aller.
Je le sais, encore plus maintenant, la réponse est : très loin. J’y crois. Je ne lâcherai rien 🙏🏻

Prochain ultra : RDV pour la Chartreuse Backyard fin Octobre !




