MDS 2025 – Et après ?

Le Marathon des Sables Legendary : je l’ai redouté, je l’ai affronté… je l’ai vaincu.

Une fois la ligne d’arrivée de la dernière étape franchie, c’est terminé. Finies les nuits sous le vent, dans le sable, à chercher le sommeil. Après cette courte étape du samedi matin, je me suis faite une petite toilette et je me suis changée avant de monter dans le bus, direction Ouarzazate où nous avons été déposés dans nos hôtels respectifs. Sur la route, il y a un arrêt surprise dans un hôtel où un giga ravito nous attend !

Et bonne surprise, avec Marion (bravo pour ta 7ème place :) ), on se rend rapidement compte qu’on sera dans la même chambre et qu’on partage quelques points communs. Heureusement, nous avons pris un des premiers bus qui a pu traverser les villages et ponts en cours d’inondation, juste à temps (les autres bus ont du faire demi-tour, rallongeant ainsi leurs temps de trajet).

Le temps de prendre une bonne douche méritée, après une semaine sans, retrouver des aliments plaisirs laissés dans la valise (mhh les bonbons, les m&m’s, les cacahuètes… !) et descendre retrouver les copains pour partager une bière. Après le repas, personne ne traîne et on file se reposer.

Je reconnais que la nuit s’est plutôt bien passée. Après une telle épreuve, je m’attendais à ce qu’elle soit chaotique, mais non !

Le dimanche, j’en profite pour échanger avec les nouvelles connaissances. On se balade dans Ouarzazate, on mange de bons tajines et je me pose au bord de la piscine en mode chill. Malgré tout, j’ai la bougeotte !

Après la journée posée, il était l’heure d’aller manger avec les amis (merci Julien pour l’invit’ buffet ^^ ) avant d’assister à la cérémonie de clôture. Le film de l’édition n°39 du Marathon des Sables The Legendary a été diffusé. Chapeaux aux monteurs d’avoir fait ce petit film en si peu de temps, même si je trouve qu’il manque de plusieurs points de vue.
Par exemple, où sont les bénévoles qui nous encouragent comme des fous et qui nous suivent sans relâche ? Où sont les pieds de ceux qui ont souffert sans jamais s’arrêter d’avancer ?

Cela dit, à toi qui n’imagine pas ce que c’est, voici le teaser :

Mais avant la projection de ce p’tit film il y a eu… la remise des prix !!
Et oui, contre toute attente, étant dans le TOP10 féminin, j’ai eu la chance de monter sur le podium et d’avoir mon petit trophée :D

Photo : Loïc

Après toutes ces émotions, la nuit de sommeil a été courte, mais salvatrice.
Et oui, courte, car à 6h00 du mat’, il a fallu reprendre la navette, direction Marrakech où j’ai passé une bonne partie de la journée à me balader avec Céline (la coloc’) dans la ville et le Souk. Le tout, avant de reprendre l’avion à 23h, direction Lyon. Terminus.
Fin de l’aventure, tout le monde descend et reprise du travail :o


Pour les chiffres :
📍 Eh bien non, il n’y en a plus !
Enfin, si… un seul, et pas des moindres :

Au cours de cette aventure un peu folle, j’avais lancé une cagnotte pour remercier les organisateurs de La Barjo — la course qui m’a permis de décrocher ce dossard — et surtout pour soutenir l’Œuvre des Pupilles des Sapeurs-Pompiers. Ces femmes et hommes sont toujours présents sur les courses, prêts à intervenir pour nous en cas de besoin.
Grâce à la générosité de nombreux donateurs, nous avons réussi à récolter près de 400 euros !
Un immense merci à vous tous pour votre soutien 🙏🔥

MDS 2025 – Étape 6, la Der

Après une dernière nuit toujours aussi chaotique, et un petit-déjeuner (un muesli granola extra chocolat, sommes toutes très bon), qui, une fois de plus, a refusé de passer avec mon ventre toujours aussi pesant, il est temps de se concentrer sur la dernière étape.

Je n’ai plus rien à perdre. J’ai tout à gagner.

Comme la veille, je charge ma flasque de 50cl dans la poche ventrale et les 2 petites gourdes de 250ml sur les épaules.

Photo : Marathon des Sables

Et là, ça part très fort. L’énergie est là, mais il faut savoir la canaliser. Heureusement, la pluie de la veille a durci le sable, ce qui facilite la progression. Le sable est presque dur alors qu’il devrait être mou. Comme la veille, je cherche les portions de sable dur pour avancer au maximum. Mon cardio monte vite, mais je me dis que ces 2h30 de souffrance, après tout, c’est une étape qui va passer comme un éclair. Une fois la ligne d’arrivée franchie, ce sera terminé.

Je choisis de ne pas m’arrêter aux CP. Il fait frais, presque froid en début de course, et j’ai assez d’eau. Au pire, tant pis, je boirai à l’arrivée. Après, je n’aurai plus rien à faire et le classement peut peut-être se jouer avec ce genre de détail. Je suis déterminée. Je me donne à fond.

Photos : Florent Fournier

La fin de la course se présente sous la forme de dunes successives, sur plusieurs kilomètres, qui ne sont pas faciles, mais que je gère tant bien que mal. Mes petites ampoules me rappellent leur présence, mais ce n’est rien. Pas le temps de se concentrer sur ça. Je suis dans ma bulle et je me projette déjà sur la ligne d’arrivée. Je sens que je suis proche du but, et ça me booste encore plus. J’accélère. Je file, comme un dernier souffle de vent avant de franchir la ligne d’arrivée. Pas peu fière de moi.

Après 250 kms dans le sable, faire un semi en 2h10, c’est une sacrée performance (pour moi !). A l’arrivée, les bénévoles sont, une dernière fois, présents pour nous accueillir dans leurs bras. L’émotion est aussi forte pour eux que pour nous. Ayez. C’est terminé. Un mélange de soulagement, d’euphorie et de tristesse.
Marathon Des Sables – The Legendary : c’est fait.

Le résultat final ? Au moment de franchir la ligne, je ne le sais pas encore, mais dans tous les cas, je suis convaincue que je n’aurais pas pu donner plus.
Le travail est fait, et je me suis donnée à fond. Sans regrets !


Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 21.1, 202D+/204D-
⏱ En 2h10 , 1057ème au général, 8ème femme sur l’étape du jour
Après la sixième et dernière étape : 71ème / 848 au général, 9ème / 181 femme
📊 Moyenne de l’étape : 9.75 km/h

Soit une moyenne de 7.93km/h sur l’ensemble des 250kms,
pour un temps de course total de 31h37min38sec.


Photos : Florent Fournier et Marathon des Sables

MDS 2025- Repos et Étape 5

Jeudi : une journée où l’on ne fait rien… enfin, si, c’est possible ! 😅

A 6h00, ni vu ni connu, j’étais prête pour enquiller de nouveaux kilomètres, mais que nenni. Alors, j’ai marché autour du camp, ramassé du petit bois pour le feu collectif.

J’ai profité de cette journée pour me reposer, observer les coureurs finir leurs 80 kms, capter l’émotion dans leurs jambes, dans leurs yeux, et laisser cette énergie m’envahir. Ce mélange de fatigue et de fierté se lit dans chacun d’eux, et c’est ce qui rend tout ça si fort.

Il faut savoir que le MDS est fait pour que de bons marcheurs puissent aller au bout, et franchir les barrières horaires. Le serre-fil n’est rien d’autre qu’un dromadaire 🌞

La nuit du jeudi au vendredi, en revanche, a été assez… épique. Des orages monstrueux avec des éclairs éclatants qui ont illuminé le ciel d’une manière impressionnante. À 00h, je lance à Morgane (qui ne dormait pas à ce moment là) :
« Tu entends ça ? Ça va tomber fort. Faut qu’on protège la tente. »
Alors, dans la tempête, on improvise : on attrape une bâche, et on la fixe tant bien que mal sous les rafales, et la pluie commence à déferler. Le vent souffle si fort que je me retrouve à m’avachir contre la tente, de peur qu’elle ne parte en vol plané. Mais, au bout d’un moment, ça se calme. Pfiou, quelle aventure. On dirait bien que je suis en train de bosser mes abdos sans m’en rendre compte. 😆
Finalement, je m’endors bien plus tard, avec les bruits du vent et des orages en fond sonore. Le réveil à 5h00 m’arrache un sourire fatigué. 🌧️⏰

En début de semaine, j’ai perdu ma pilule. Résultat : je suis indisposée. Mais bon, ça ne m’empêche pas de me lever, d’essayer d’avaler un petit déjeuner (ah, cette bonne gâche aux éclats de chocolat, une tuerie 🤤), même si mon ventre n’a pas du tout apprécié le crumble pommes-banane. Pas grave, je pars pour 42 kms avec presque rien dans le ventre. Je me rappelle le trail des deux châteaux, de 25 km que j’ai fait il y a un mois : après une petite intox’, j’avais vomi 48 h avant, presque rien mangé pendant deux jours, et malgré tout, ça avait tenu.
Alors, cette fois, pas de raisons que ça ne passe pas non plus. 💪

La veille, j’apprends que je suis 8ème au classement féminin. Mais attention, les filles derrière sont des fusées sur des distances courtes, et elles ne sont même pas à 8 minutes derrière au général. Pas le choix : si je veux garder ma place, je dois y aller à fond.
Je modifie mon « packaging » : flasque de 50 cl dans la poche ventrale, deux petites gourdes de 250 mL sur les épaules. Ma bouteille d’1L, je la laisse dans le sac pour respecter le matériel obligatoire, mais je la garde au cas où. (Après tout, un petit sachet zip aurait sûrement suffit… cf Vincent Bouillard, à méditer pour la prochaine fois ? 😉)

Je me place un peu plus en avant du peloton pour éviter de me retrouver derrière les marcheurs comme les autres jours. Et là, c’est parti… ça démarre fort ! Avec un petit carbolevure dans le ventre, j’ai l’impression que ça va tenir. GO, j’avance. Je suis là pour apprendre : soit je gagne, soit je me crame en vol. Le cardio est à la limite du rouge, mais les jambes répondent bien, alors je pousse. 🚀

Jusqu’à la dune du km 21, tout roule. Les CP s’enchaînent assez vite, ce qui est super pour garder le rythme. Victoire : j’arrive à manger 2 cacahuètes et 1 bonbon à chaque CP (avec un peu de gel Hydration Precision, bien sûr). La descente de la dune est juste incroyable. 😍

Photo : Marathon des Sables et Florent Fournier

A 5 kms du CP 4 (au km 26.8), j’ai un petit coup de mou sur du plat/faux plat montant avec un vent de face. Je tente de courir sans m’arrêter, de continuer à avancer. Peu importe le rythme, il faut y aller et ne rien regretter.
Mais au km 38.7, une succession de dunettes interminables pendant 5 km me met à l’épreuve. Et là, erreur de débutante : au km 34.1 (dernier CP), il y avait encore des nuages, alors je repars du CP sans me mouiller, sans mettre ma casquette (suite à l’étape longue, je me suis rendue compte que de ne pas mettre ma casquette me permettait de mieux ventiler). Une erreur qui sera fatale. Le soleil arrive d’un coup, et avec lui, la chaleur implacable. Je n’ai plus de jus, mes réserves sont au minimum, et je peine à monter les dunettes. Je ne peux rien avaler non plus. Une autre féminine me double avant la fin, mais je n’ai plus la force de la suivre. 🏃‍♀️💨

A l’arrivée, après 4h45 de course, je suis complètement HS. Le dernier coup a été dur, mais je suis fière d’avoir tout donné. Ça me prend un moment pour me redresser. Pas facile, mais je n’ai aucun regret. 🙌 Merci à Florent d’avoir pu capter ces moments d’émotions (cf galerie en bas du post et son site https://celiope.fr/ ).
Comme les autres jours, je prends le temps de me reposer. Un voisin me donne même des sachets de soupe, car il avait trop de nourriture.
Merci, vraiment ! 🙏

L’après-midi, une douce mélancolie m’envahit. C’est la dernière après-midi dans le désert, loin de tout : pas de réseaux, pas de téléphone, pas de travail… juste l’essentiel.
Et ça fait du bien. Je mets de côté mon ventre toujours en vrac. 😌
Comme tous les jours, je prends les électrolytes et la prot’ en arrivant au bivouac.
Le soir, je mange enfin ma purée de pommes de terre, et là, c’est un vrai réconfort. Parfait pour me mettre au lit (enfin, au tapis, dans le duvet), pour passer la dernière nuit au bivouac. 🌙


Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 42.2, 424D+/424D-
⏱ En 4h45, 87ème au général, 8ème femme sur l’étape du jour
Après la cinquième étape : 71ème au général, 9ème femme (c’était prévisible, mais ça fait toujours plaisir ! 😉)
📊 Moyenne de l’étape : 9.01 km/h


Photos : Florent Fournier

MDS 2025 – Etape 3

Une nuit agitée, encore une fois… 🌙
Cette nuit, le vent souffle fort, je tourne dans tous les sens, impossible de trouver le sommeil. Je décide de marcher dehors et de m’imprégner de la beauté du ciel étoilé. Il est absolument incroyable. Certes, ce n’est pas ce genre de nuit qui va m’apporter un sommeil profond, mais ce n’est pas grave. Je me sens sereine et tellement reconnaissante d’être là, à cet instant précis.
Je retourne finalement dans la tente, je tente de m’endormir. Quelques minutes de sommeil par-ci, par-là, et ça suffira pour aujourd’hui.💤

Photo : Marathon des Sables

Départ 7h30 :
Mardi 8 Avril, après un trop bon p’tit déj’ (les lyoph Pudding Chocolat, de Lyo, une tuerie), encore une fois, je cherche ma place sur la ligne de départ. Au début de la course, il y a toujours pas mal de marcheurs à doubler, mais en même temps, je me dis que c’est peut-être pas plus mal : ça me force à ralentir et à garder ma stratégie en tête. Allez, dernière étape “courte” avant la longue.

Je me dis : “Tu peux lâcher un peu, mais pas trop. Garde du jus pour demain.” 💪

Dès le 2ème kilomètre, ça commence avec une montée progressive, et une bonne dune avant le km 6. Je sens que mes jambes sont presque intactes : O bonheur. Ce corps humain, c’est un vrai mystère ! Depuis le début, aucune gêne particulière, le sac ne me pèse pas, je me sens bien. Quel bien-être, vraiment 🌟 Je le sens, malgré les doutes qui, comme souvent, ont pu me parcourir pendant les mois auparavant : la prépa est bien là. Mon corps est prêt à enchaîner les kilomètres (encore merci, Cindie).

En réalité, je n’ai pas énormément de souvenirs de cette étape. Le sol est plus facile que la veille, mais je sens que les autres coureurs sont un peu plus rapides. Je garde la même stratégie : courir tant que je le peux, sans faire monter inutilement mon cardio. Je gère, je reste dans ma zone. De temps en temps, j’échange avec d’autres coureurs : ça me fait travailler mon anglais. Le mari d’une des concurrentes nous encourage également, c’est top ! Ça permet de faire quelques bornes sans s’en rendre compte.

Au km 26, on attaque une “grosse montée” avec de la caillasse. Pas de soucis, j’aime bien ça. Mais derrière, on se tape une descente bien raide : 100D- sur environ 500m. À première vue, c’est rien, mais en réalité, cette descente était assez technique (pour moi !). J’y ai passé un temps fou, à zigzaguer dans les cailloux. Comme d’hab’, je prends mon mal en patience. Ceux qui veulent voler dans la descente… je les laisse faire. Une fois le terrain plus stable, je reprends mon rythme et fonce jusqu’à l’arrivée. ⛰️

En arrivant, après 4h19 de course, je ressens qu’en fin d’étape, j’ai donné un peu plus aujourd’hui que les autres jours. J’espère ne pas avoir trop épuisé mes ressources pour la suite, mais comme d’hab’, l’après-midi est là pour le repos. Et puis, ces distances plus courtes ne sont vraiment pas ma spécialité. J’espère être en forme pour demain, vraiment ! 🤞

Sur l’étape du jour, j’ai pu manger : une barre Maurten, un Gel maurten 160, 30g de Dragibus et 1/2 boisson de Meltonic menthe. Et, petit rituel quotidien sur ce MDS, on a le droit à une bouteille de 5L d’eau par jour alors, dans l’aprèm, après m’être posée un peu, je file droit vers les gilets bleus pour prendre ma ration quotidienne :)

Une fois de plus, je ressens de la faim toute l’après-midi, mais pas de panique, il y a de la réserve naturelle ! 😅 En fin d’après-midi, un bénévole nous propose une séance de méditation/relaxation, et là… quel pur moment de détente et de bien-être. Une vraie parenthèse pour se recentrer et relâcher la pression. 🌱

Le soir, comme d’hab’, juste après le coucher de soleil, tout le monde est au lit. 🌅

A demain ! 😊


Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 32.5, 468D+/468D-
⏱ En 4h19, 99ème au général, 11ème femme sur l’étape du jour
Après la troisième étape : 99ème au général, 10ème femme
📊 Moyenne de l’étape : 7.54 km/h