MDS 2025 – Etape 1

Départ 7h30, et pas besoin de frontale 😎


L’heure du départ pour la première étape est arrivée. Après un beau discours des speakers, de la musique « Highway to Hell », et de la fameuse danse de cette édition, il est grand temps de lâcher les chevaux.
Pour cette première journée, je ne m’enflamme pas, je pars tranquille, en milieu de peloton, à mon rythme.

Concernant le système d’hydratation, après plusieurs tests à la maison sur le sac Waa, j’ai opté pour une bouteille d’1L en plastique placée sur ma sacoche avant (merci m’man pour les coutures renforcées 🙌) et deux flasques de 250mL sur chaque épaule (le système proposé par le sac ne me convient pas pour y placer 2*750mL).

Au programme du jour : une portion plate jusqu’au km 9, quelques montées/descentes jusqu’au km 20, puis un profil descendant jusqu’à l’arrivée. 🏃‍♀️💨

Les premiers kilomètres, je les partage avec Kévin, mon coloc’ de tente, qui a fait son warrior en déménageant tout son appart’ sur son dos avec son sac de 11kgs.

Photo : Marathon des Sables

Je sens que certains autour de moi sont bien au-delà de leur zone de confort. Mais moi, je reste concentrée sur mon allure. Je m’imprègne des paysages : du sable porteur, du sable mou, quelques cailloux, des dunes à perte de vue…
Je me dis : « Cette semaine va être incroyable, et ce n’est que le début ! »

Je réussis à trottiner dans les montées (quand ça reste raisonnable) et quand c’est plus raide, je me glisse dans les traces des autres coureurs : les escaliers naturels créés dans le sable, c’est pratique ! 🏖️ Je remonte du monde au fur et à mesure des kilomètres. 💪

Chaque 10 km (voire moins), il y a des CP (= Check Point) avec des bénévoles (les gilets bleus) aux petits soins : eau et rafraîchissements à volonté. Rien de tel pour se booster ! Bien entendu, il n’y a pas de nourritures ou autre victuaille : on reste en autonomie. Au cours de cette étape, je m’enfilerais, une gaufre Naak fruits rouges, un paquet de bonbons Ta, 1 barre Maurten, avec une demi dose de boisson Meltonic à la menthe dans mes petites gourdes.

Un peu plus loin, je croise ma coloc’ Morgane : quelques mots échangés et on poursuit chacune notre route. 😊 A toute à l’heure meuf :)

Photo : Marathon des Sables

Entre le km 17 et le km 25 (CP3), on entre dans les longues lignes droites qui vont nous accompagner toute la semaine. Mentalement, ça ne me dérange pas du tout, c’est même presque zen. Je repense aux longues lignes droites du GR223 et au mental positif que j’avais à cette période. En plus, on a le vent de face (normal : aujourd’hui, c’est une boucle, et on a eu le vent dans le dos à l’aller, on ne peut pas tout avoir 😉).

Sur les 5 derniers kilomètres, la longue ligne droite continue. Je rencontre Céline, avec qui on échange (partage et bienveillance seront les maîtres mots durant ces 7 jours de course). D’ailleurs, je t’invite à visiter leur blog : https://ousontccjb.fr/ avec un article au top sur le matos ! On se soutient, on avance ensemble sur quelques kilomètres. On se rend compte qu’avec son chéri, on a tous les trois les mêmes chaussettes et chaussures. Dans ces moments là, il nous en faut peu pour se rassurer.

Puis on aperçoit le bivouac au loin.

C’est le moment d’avancer ! Je laisse Céline avancer à son rythme : on se retrouvera plus tard. Pour ma part, il n’est pas question de commencer à marcher maintenant, je pousse jusqu’à l’arrivée. 🚀

4h05 plus tard, je franchis la ligne d’arrivée : ça va, c’était pas si sableux que ça, et franchement, le terrain était relativement plat et pas trop technique. Je suis plutôt fière d’avoir bien géré cette première étape ! 🎉
Je n’avais pas prévu d’arriver si tôt, mais à 12h, je suis là. À la tente, je retrouve Julien, déjà bien installé. On échange sur nos sensations et on se pose pour attendre les autres colocs. 🤗

Petite toilette de chat 🧼, récupération avec 2 pastilles Ta électrolytes et une dose de prot’. Heureusement, la veille, je n’avais pas mangé mon petit paquet de M&M’s qui m’a bien fait plaisir parce que je n’avais rien prévu d’autre avant le soir).

Mhh les pâtes bolo et le dessert vanille vont faire plaiz’ pour le dîner 😋.

Bonne nuit et on remet ça demain ! 🌙
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Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 32, 312D+/312D-
⏱ En 4h04, 141ème place, 19ème femme sur l’étape du jour
📊 Allure moyenne : 7,85 km/h


Marathon des Sables 2025 – The Legendary

La préparation

🌵 250 km dans le désert –
une aventure pas comme les autres
Il y a dix mois, je remportais grâce à au Raid de l’Archange (une course de 300 kms en étape, en Normandie, dans le Cotentin), un dossard pour le Marathon des Sables, une course de 250 km en quasi-autonomie à travers le désert marocain.
Honnêtement ? Sur le moment, je n’étais pas vraiment emballée.

Il m’a fallu plusieurs mois pour réaliser que, oui, le 6 avril 2025, j’allais bel et bien prendre le départ. Seule. Face à l’inconnu. D’une course que je n’aurais jamais imaginé courir, ni par sa difficulté (en tout cas l’idée que je m’en faisais), ni par son coût, ni par la préparation que ça exige.
À une époque où l’on banalise de plus en plus les longues distances, il ne faut pas oublier ce que ça représente : enchaîner des étapes de 20 à 80 km, courir tous les jours dans le sable mou, porter sa « maison » sur son dos : son couchage, sa nourriture et faire corps avec le climat.
Un vrai contraste avec nos vies sédentaires, où l’on oublie vite ce que cela demande vraiment.

🏃‍♀️ La préparation
Après mon 24H de dénivelé en septembre à La Sambuy, j’ai clôturé la saison par une backyard et un peu de repos, avant de relancer la machine avec Cindie (prépa physique :) ).

Au programme :
Du chauffage de cuissots avec du renfo en salle, de la vitesse autour du stade, un peu d’intensité sur la piste cyclable, des longues sorties en fin de prépa, sans oublier le gainage, les sorties lestées, les premières découvertes du ski de rando avec Mehdi, et bien sûr… les fameuses cot’lettes pour ne pas perdre le goût du D+ !
Bref, un menu de cheffe, que j’ai dégusté avec plaisir. Parce que oui, si j’aime la course et la compétition, j’aime surtout arriver préparée, me discipliner, m’adapter selon le mood du moment. C’est là que je trouve du sens à tout ça.

🍽️ Le poids du sac… et celui du corps
Après un hiver bien rempli, aussi sportif que gourmand, c’est en janvier que j’ai pris conscience d’un truc : partir sur 250 km avec un sac de 8 kg et du gras en bonus, ça risquait de piquer.
Alors j’ai ajusté mes assiettes, sans frustration, en rééquilibrant simplement ma balance calorique. Résultat : avec de la discipline, j’ai pu prendre le départ avec l’équivalent du poids du sac en moins (sans compter l’eau), en pleine forme et avec le sourire.

📦 La logistique : une aventure avant l’aventure
Dès janvier, j’ai entamé la préparation du sac et de la nutrition. Objectif : calorique mais léger. J’ai sorti les tableurs Excel, échangé avec les expérimentés (Spag, Valentin, Jérôme…), testé, validé, et finalement passé commande chez Lyophilise.fr.
À quelques jours du départ, j’ai reconditionné tous les sachets pour gratter le moindre gramme. Mine de rien, cette logistique est déjà une aventure en soi. Mais avec l’expérience, je savais : plus je m’y prends tôt, plus je suis libre mentalement.

👟 Côté matos : des choix de cœur (et de pieds)
Côté équipement, il a fallu tester et trancher. Surtout pour les chaussures, un point délicat pour moi. Après réflexion, je pars en mode pratique avec les Dust et le Shortney de Salomon : guêtres intégrées pour les shoes et byebye les frottements (merci Courtney).
En haut, un t-shirt léger Nnormal, même si la couleur blanche ne durera sûrement pas longtemps 😅. Une saharienne Buff, la nouvelle brassière Hastko (merci !) et le tour est joué.

✈️ En route pour le désert
Le mercredi 2 avril, avec Eliette, rencontrée via les réseaux, on se retrouve à 4h du mat’ à l’aéroport de Lyon. Direction Marrakech, puis Ouarzazate via la navette de l’organisation.
En route, je suis frappée par l’état des terrains, dévastés. On nous rappellera, plus tard, que le tremblement de terre a tout ravagé…

À Ouarzazate, on pose nos sacs dans un Airbnb pour quelques jours. On profite : repos, discussions, petits footings, découverte de la ville, du thé local, et de chaleureux échanges avec les habitants. Une bulle de douceur avant le grand départ.

🏜️ Désert, roadbook et rencontres
Vendredi matin, c’est le départ vers le désert. Dans le bus, on nous remet le roadbook : les étapes de la semaine se dévoilent. Yala !
Après 6 heures de route, on arrive en plein désert, accueillis comme des stars : musique, thé, ambiance magique. J’y rencontre mes futurs colocs d’une semaine : Julien, Kévin, Céline et Morgane (dans cet ordre, sauf erreur). On discute, on fait connaissance. Puis briefing de course avec la rencontre de Will Speaker qui nous mettra une ambiance de feu durant cette semaine, merci Guillaume !!Puis,… premier feu de camp. Un lyoph’, et au lit !

🌄 Derniers instants avant le départ
Le samedi matin, je m’offre un petit footing solo, pour explorer les environs et me recentrer. La journée se déroule tranquillement : repos, vérification des sacs, remise de la valise. Il me reste 7 kg pour la semaine, et ça suffira.
Pas évident, au début, de ne rien faire. De rester allongée sur un tapis, à attendre. Mais l’excitation monte. Le repas du soir arrive vite. On se couche. La deuxième nuit (déjà agitée) annonce la première étape du lendemain.

Mais je le sais : je ne suis pas venue pour dormir.