MDS 2025 – Et après ?

Le Marathon des Sables Legendary : je l’ai redouté, je l’ai affronté… je l’ai vaincu.

Une fois la ligne d’arrivée de la dernière étape franchie, c’est terminé. Finies les nuits sous le vent, dans le sable, à chercher le sommeil. Après cette courte étape du samedi matin, je me suis faite une petite toilette et je me suis changée avant de monter dans le bus, direction Ouarzazate où nous avons été déposés dans nos hôtels respectifs. Sur la route, il y a un arrêt surprise dans un hôtel où un giga ravito nous attend !

Et bonne surprise, avec Marion (bravo pour ta 7ème place :) ), on se rend rapidement compte qu’on sera dans la même chambre et qu’on partage quelques points communs. Heureusement, nous avons pris un des premiers bus qui a pu traverser les villages et ponts en cours d’inondation, juste à temps (les autres bus ont du faire demi-tour, rallongeant ainsi leurs temps de trajet).

Le temps de prendre une bonne douche méritée, après une semaine sans, retrouver des aliments plaisirs laissés dans la valise (mhh les bonbons, les m&m’s, les cacahuètes… !) et descendre retrouver les copains pour partager une bière. Après le repas, personne ne traîne et on file se reposer.

Je reconnais que la nuit s’est plutôt bien passée. Après une telle épreuve, je m’attendais à ce qu’elle soit chaotique, mais non !

Le dimanche, j’en profite pour échanger avec les nouvelles connaissances. On se balade dans Ouarzazate, on mange de bons tajines et je me pose au bord de la piscine en mode chill. Malgré tout, j’ai la bougeotte !

Après la journée posée, il était l’heure d’aller manger avec les amis (merci Julien pour l’invit’ buffet ^^ ) avant d’assister à la cérémonie de clôture. Le film de l’édition n°39 du Marathon des Sables The Legendary a été diffusé. Chapeaux aux monteurs d’avoir fait ce petit film en si peu de temps, même si je trouve qu’il manque de plusieurs points de vue.
Par exemple, où sont les bénévoles qui nous encouragent comme des fous et qui nous suivent sans relâche ? Où sont les pieds de ceux qui ont souffert sans jamais s’arrêter d’avancer ?

Cela dit, à toi qui n’imagine pas ce que c’est, voici le teaser :

Mais avant la projection de ce p’tit film il y a eu… la remise des prix !!
Et oui, contre toute attente, étant dans le TOP10 féminin, j’ai eu la chance de monter sur le podium et d’avoir mon petit trophée :D

Photo : Loïc

Après toutes ces émotions, la nuit de sommeil a été courte, mais salvatrice.
Et oui, courte, car à 6h00 du mat’, il a fallu reprendre la navette, direction Marrakech où j’ai passé une bonne partie de la journée à me balader avec Céline (la coloc’) dans la ville et le Souk. Le tout, avant de reprendre l’avion à 23h, direction Lyon. Terminus.
Fin de l’aventure, tout le monde descend et reprise du travail :o


Pour les chiffres :
📍 Eh bien non, il n’y en a plus !
Enfin, si… un seul, et pas des moindres :

Au cours de cette aventure un peu folle, j’avais lancé une cagnotte pour remercier les organisateurs de La Barjo — la course qui m’a permis de décrocher ce dossard — et surtout pour soutenir l’Œuvre des Pupilles des Sapeurs-Pompiers. Ces femmes et hommes sont toujours présents sur les courses, prêts à intervenir pour nous en cas de besoin.
Grâce à la générosité de nombreux donateurs, nous avons réussi à récolter près de 400 euros !
Un immense merci à vous tous pour votre soutien 🙏🔥

MDS 2025 – Étape 6, la Der

Après une dernière nuit toujours aussi chaotique, et un petit-déjeuner (un muesli granola extra chocolat, sommes toutes très bon), qui, une fois de plus, a refusé de passer avec mon ventre toujours aussi pesant, il est temps de se concentrer sur la dernière étape.

Je n’ai plus rien à perdre. J’ai tout à gagner.

Comme la veille, je charge ma flasque de 50cl dans la poche ventrale et les 2 petites gourdes de 250ml sur les épaules.

Photo : Marathon des Sables

Et là, ça part très fort. L’énergie est là, mais il faut savoir la canaliser. Heureusement, la pluie de la veille a durci le sable, ce qui facilite la progression. Le sable est presque dur alors qu’il devrait être mou. Comme la veille, je cherche les portions de sable dur pour avancer au maximum. Mon cardio monte vite, mais je me dis que ces 2h30 de souffrance, après tout, c’est une étape qui va passer comme un éclair. Une fois la ligne d’arrivée franchie, ce sera terminé.

Je choisis de ne pas m’arrêter aux CP. Il fait frais, presque froid en début de course, et j’ai assez d’eau. Au pire, tant pis, je boirai à l’arrivée. Après, je n’aurai plus rien à faire et le classement peut peut-être se jouer avec ce genre de détail. Je suis déterminée. Je me donne à fond.

Photos : Florent Fournier

La fin de la course se présente sous la forme de dunes successives, sur plusieurs kilomètres, qui ne sont pas faciles, mais que je gère tant bien que mal. Mes petites ampoules me rappellent leur présence, mais ce n’est rien. Pas le temps de se concentrer sur ça. Je suis dans ma bulle et je me projette déjà sur la ligne d’arrivée. Je sens que je suis proche du but, et ça me booste encore plus. J’accélère. Je file, comme un dernier souffle de vent avant de franchir la ligne d’arrivée. Pas peu fière de moi.

Après 250 kms dans le sable, faire un semi en 2h10, c’est une sacrée performance (pour moi !). A l’arrivée, les bénévoles sont, une dernière fois, présents pour nous accueillir dans leurs bras. L’émotion est aussi forte pour eux que pour nous. Ayez. C’est terminé. Un mélange de soulagement, d’euphorie et de tristesse.
Marathon Des Sables – The Legendary : c’est fait.

Le résultat final ? Au moment de franchir la ligne, je ne le sais pas encore, mais dans tous les cas, je suis convaincue que je n’aurais pas pu donner plus.
Le travail est fait, et je me suis donnée à fond. Sans regrets !


Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 21.1, 202D+/204D-
⏱ En 2h10 , 1057ème au général, 8ème femme sur l’étape du jour
Après la sixième et dernière étape : 71ème / 848 au général, 9ème / 181 femme
📊 Moyenne de l’étape : 9.75 km/h

Soit une moyenne de 7.93km/h sur l’ensemble des 250kms,
pour un temps de course total de 31h37min38sec.


Photos : Florent Fournier et Marathon des Sables

MDS 2025 – Etape 4

La Longue…

Cette étape de 80 km, je décide de la vivre comme un ultra, comme j’aime :
doucement, mais sûrement.

Réveillée à 4h30, je ne vous décris pas cette nouvelle nuit…
J’observe un mélange de hâte et d’appréhension en mangeant mon porridge de fruits rouges, encore emmitouflée dans mon duvet. Et comme tous les matins, une fois le déj’ pris, je file faire un tour au pipi-room (comprenez : cabine de luxe où se déroule un sacré concert tous les matins…), je m’habille, je range mon duvet et mes affaires, puis je ferme mon sac et je prends le temps de me poser en attendant le départ. Je ferme les yeux, me concentre sur moi-même en faisant abstraction de l’environnement.

Départ à 6h00, la frontale bien vissée sur la tête, prête à attaquer cette grande étape dans l’obscurité. 🕶️

Au km 13, je grimpe la dune d’Ouzine. Ouf, même avec les 100 bornes dans les pattes, les jambes ne présentent pas d’anomalies lors de mon contrôle technique :)
Avec d’autres nanas (coucou Charlotte, Laurence, etc…), on rigole et on papote, malgré la difficulté. On y va à 4 pattes : c’est à la fois épuisant et tellement drôle.

Photo : Marathon des Sables

En haut de la dune, les bénévoles nous encouragent à fond : leur énergie est contagieuse.
Là-haut, la vue est juste incroyable, et la descente qui suit est un pur bonheur. 🌄 J’échange quelques mots avec Laurence puis je file.

Vers 10-11h, la chaleur commence à se faire sentir. À chaque Check-Point, je remplis ma bouteille d’1L et je prends le temps de mouiller ma tête pour me rafraîchir. Les CP sont tous les 10 km, mais entre deux, le temps semble long. Parfois, la distance entre eux est presque interminable. 😅 Comme à chaque étape depuis le début, je double tout doucement Loïc (rencontré par l’intermédiaire de Joss’ et qui m’a repérée avec mes tatanes sur mon sac) et Carole qui font route commune. On échange quelques mots et ciao.

Vers le km 45, un gros coup de mou me prend. Je me dis que c’est normal, je pense au CP suivant, mais le soleil me tape fort et je sens que mes réserves sont basses. Je m’efforce de ne pas marcher, même si je ralentis considérablement. Chaque pas devient plus lourd et je lutte pour garder le rythme. Les prochains kilomètres sont relativement plats et roulants, mais le soleil est implacable. 🌞

Le CP 6 (km 55) arrive enfin, et il fait du bien. Un petit thé, des raisins, ça réchauffe le cœur. ☕🍇 Une fois de plus, je me surprends à passer devant Luca Papi qui fait sa promenade de santé. Peu de temps après ce ravito, je sens que je me prends un nouveau coup de chaud. Les 5 premiers coureurs, (les 50 premiers au classement général sont partis 1h30 après nous), commencent à me doubler : quelques encouragements à Maryline N. (bravo ;) ) puis quelques mots échangés avec Mbark E. qui prend des nouvelles avant de poursuivre notre route !

J’échange quelques mots avec Alicia qui vient de passer un moment délicat également. Mais, à partir de là, je suis obligée d’alterner marche et course pour faire redescendre la température et éviter de trop faire monter mon cardio. Ce n’est pas facile mentalement d’accepter cela, mais c’est un fait. Je ressens aussi cette fatigue accumulée, cette dette de sommeil et le déficit calorique des jours précédents. Mon corps commence à me le faire sentir. Mais c’est comme ça, ça fait partie de l’aventure, et je ne suis surement pas la seule. 🥱

Il faut dire que pour cette étape, j’avais 30g dragibus, une barre Oat king (mhhh), un Gel Maurten 160, deux paquets de bonbons Ta et 1/2 sachet de boisson Nutripure. J’avais aussi prévu un taboulé taboulé et du jambon séché, mais je n’ai pas eu envie d’en manger. En y repensant, j’aurais peut-être du me faire le taboulé, même si ce n’est pas très riche en glucides, ça m’aurait redonné de l’énergie.

Depuis quelques CP, en plus de ma bouteille d’1L, je remplis mes 2 flasques de 250 ml d’eau, que je m’asperge entre deux ravitos. C’est ma manière de me rafraîchir et de garder un peu d’énergie. 🌊Dès que le soleil se cache un peu, j’enlève ma casquette car j’ai le sentiment qu’elle empêche mon ciboulot de respirer.

Photo : Marathon des Sables

Peu avant le km 70, je tente de donner un dernier coup de boost pour les 12 derniers kilomètres, mais la fatigue est bien là. Même si le terrain le permet, je n’arrive pas à courir 2 kms sans marcher. Je continue à gérer mon effort : je trottine 200 m, je marche 30 m, je répète. Pas de pression, je me donne le temps. 🏃‍♀️

Et puis, je vois le bivouac au loin, à environ 5 kms de l’arrivée. Je reconnais que c’est un soulagement. À priori, il n’y a pas de grosse dune à franchir comme je l’avais cru en regardant la carte la veille sur le roadbook. Il ne me reste plus qu’une chose en tête : trouver de l’ombre. Mais, bien sûr, il n’y en a pas (et heureusement pour ma faignantise :D )… Ce sera pour après l’arrivée. 🌞

Arrivée au bout de 10h42 … Je suis clairement exténuée, mais en même temps, je pensais mettre plus de temps. J’ai donné tout ce que j’avais, et mes jambes sont lourdes, comme si je portais des boulets à chaque pied. Je n’ai jamais autant galéré sur la fin d’une course, mais je suis contente d’avoir tout donné pour « sauver mon bout de gras ». 😅

Je ne sais pas ce qu’il me restera d’énergie pour la suite, mais j’ai de la chance : je vais pouvoir me reposer cet après-midi et jeudi (jour off pour tous) pour recharger les batteries.
Les concurrents arrivent au compte gouttes et on se félicite les uns les autres. A partir de ce jour, les échanges se font de plus en plus nombreux, et ce n’est pas pour me déplaire. La tension qui régnait dans le camp depuis le début s’est dissipée.

Depuis le début, j’ai la chance de n’avoir aucun soucis aux pieds, comparé à certain(e)s. Mais ce mercredi, je remarque que j’ai une petite ampoule sur chaque gros orteil. Étonnamment, ça ne me dérange pas. Par contre, mes pieds sont lourds, et mes articulations (chevilles et genoux) me lancent un peu. Je ne sais pas trop pourquoi. J’espère juste que je n’y suis pas allée trop fort et que je n’ai pas grillé toutes mes cartouches avant l’heure.

Ahhh, le bonheur de l’aventure. 🌍
C’est ça qui nous porte après tout. C’est dans ces moments de difficulté qu’on trouve la beauté du voyage.

Julien, parti dans le clan des +1h30 le matin est arrivé 1h30 après moi. Bien speed, il ne m’a guère laissé le choix de m’activer également 😅. Au programme : nettoyage de sol, secouage de tapis puis dégustation de mon tabouley avant d’essayer de me reposer.


Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 82.2, 690D+/690D-
⏱ En 10h42, 53ème au général, 6ème femme sur l’étape du jour
Après la quatrième étape : 72ème au général, 8ème femme
📊 Moyenne de l’étape : 7.71 km/h (oups…plus rapide que les deux dernières étapes)


MDS 2025 – Etape 3

Une nuit agitée, encore une fois… 🌙
Cette nuit, le vent souffle fort, je tourne dans tous les sens, impossible de trouver le sommeil. Je décide de marcher dehors et de m’imprégner de la beauté du ciel étoilé. Il est absolument incroyable. Certes, ce n’est pas ce genre de nuit qui va m’apporter un sommeil profond, mais ce n’est pas grave. Je me sens sereine et tellement reconnaissante d’être là, à cet instant précis.
Je retourne finalement dans la tente, je tente de m’endormir. Quelques minutes de sommeil par-ci, par-là, et ça suffira pour aujourd’hui.💤

Photo : Marathon des Sables

Départ 7h30 :
Mardi 8 Avril, après un trop bon p’tit déj’ (les lyoph Pudding Chocolat, de Lyo, une tuerie), encore une fois, je cherche ma place sur la ligne de départ. Au début de la course, il y a toujours pas mal de marcheurs à doubler, mais en même temps, je me dis que c’est peut-être pas plus mal : ça me force à ralentir et à garder ma stratégie en tête. Allez, dernière étape “courte” avant la longue.

Je me dis : “Tu peux lâcher un peu, mais pas trop. Garde du jus pour demain.” 💪

Dès le 2ème kilomètre, ça commence avec une montée progressive, et une bonne dune avant le km 6. Je sens que mes jambes sont presque intactes : O bonheur. Ce corps humain, c’est un vrai mystère ! Depuis le début, aucune gêne particulière, le sac ne me pèse pas, je me sens bien. Quel bien-être, vraiment 🌟 Je le sens, malgré les doutes qui, comme souvent, ont pu me parcourir pendant les mois auparavant : la prépa est bien là. Mon corps est prêt à enchaîner les kilomètres (encore merci, Cindie).

En réalité, je n’ai pas énormément de souvenirs de cette étape. Le sol est plus facile que la veille, mais je sens que les autres coureurs sont un peu plus rapides. Je garde la même stratégie : courir tant que je le peux, sans faire monter inutilement mon cardio. Je gère, je reste dans ma zone. De temps en temps, j’échange avec d’autres coureurs : ça me fait travailler mon anglais. Le mari d’une des concurrentes nous encourage également, c’est top ! Ça permet de faire quelques bornes sans s’en rendre compte.

Au km 26, on attaque une “grosse montée” avec de la caillasse. Pas de soucis, j’aime bien ça. Mais derrière, on se tape une descente bien raide : 100D- sur environ 500m. À première vue, c’est rien, mais en réalité, cette descente était assez technique (pour moi !). J’y ai passé un temps fou, à zigzaguer dans les cailloux. Comme d’hab’, je prends mon mal en patience. Ceux qui veulent voler dans la descente… je les laisse faire. Une fois le terrain plus stable, je reprends mon rythme et fonce jusqu’à l’arrivée. ⛰️

En arrivant, après 4h19 de course, je ressens qu’en fin d’étape, j’ai donné un peu plus aujourd’hui que les autres jours. J’espère ne pas avoir trop épuisé mes ressources pour la suite, mais comme d’hab’, l’après-midi est là pour le repos. Et puis, ces distances plus courtes ne sont vraiment pas ma spécialité. J’espère être en forme pour demain, vraiment ! 🤞

Sur l’étape du jour, j’ai pu manger : une barre Maurten, un Gel maurten 160, 30g de Dragibus et 1/2 boisson de Meltonic menthe. Et, petit rituel quotidien sur ce MDS, on a le droit à une bouteille de 5L d’eau par jour alors, dans l’aprèm, après m’être posée un peu, je file droit vers les gilets bleus pour prendre ma ration quotidienne :)

Une fois de plus, je ressens de la faim toute l’après-midi, mais pas de panique, il y a de la réserve naturelle ! 😅 En fin d’après-midi, un bénévole nous propose une séance de méditation/relaxation, et là… quel pur moment de détente et de bien-être. Une vraie parenthèse pour se recentrer et relâcher la pression. 🌱

Le soir, comme d’hab’, juste après le coucher de soleil, tout le monde est au lit. 🌅

A demain ! 😊


Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 32.5, 468D+/468D-
⏱ En 4h19, 99ème au général, 11ème femme sur l’étape du jour
Après la troisième étape : 99ème au général, 10ème femme
📊 Moyenne de l’étape : 7.54 km/h


MDS 2025 – Etape 1

Départ 7h30, et pas besoin de frontale 😎


L’heure du départ pour la première étape est arrivée. Après un beau discours des speakers, de la musique « Highway to Hell », et de la fameuse danse de cette édition, il est grand temps de lâcher les chevaux.
Pour cette première journée, je ne m’enflamme pas, je pars tranquille, en milieu de peloton, à mon rythme.

Concernant le système d’hydratation, après plusieurs tests à la maison sur le sac Waa, j’ai opté pour une bouteille d’1L en plastique placée sur ma sacoche avant (merci m’man pour les coutures renforcées 🙌) et deux flasques de 250mL sur chaque épaule (le système proposé par le sac ne me convient pas pour y placer 2*750mL).

Au programme du jour : une portion plate jusqu’au km 9, quelques montées/descentes jusqu’au km 20, puis un profil descendant jusqu’à l’arrivée. 🏃‍♀️💨

Les premiers kilomètres, je les partage avec Kévin, mon coloc’ de tente, qui a fait son warrior en déménageant tout son appart’ sur son dos avec son sac de 11kgs.

Photo : Marathon des Sables

Je sens que certains autour de moi sont bien au-delà de leur zone de confort. Mais moi, je reste concentrée sur mon allure. Je m’imprègne des paysages : du sable porteur, du sable mou, quelques cailloux, des dunes à perte de vue…
Je me dis : « Cette semaine va être incroyable, et ce n’est que le début ! »

Je réussis à trottiner dans les montées (quand ça reste raisonnable) et quand c’est plus raide, je me glisse dans les traces des autres coureurs : les escaliers naturels créés dans le sable, c’est pratique ! 🏖️ Je remonte du monde au fur et à mesure des kilomètres. 💪

Chaque 10 km (voire moins), il y a des CP (= Check Point) avec des bénévoles (les gilets bleus) aux petits soins : eau et rafraîchissements à volonté. Rien de tel pour se booster ! Bien entendu, il n’y a pas de nourritures ou autre victuaille : on reste en autonomie. Au cours de cette étape, je m’enfilerais, une gaufre Naak fruits rouges, un paquet de bonbons Ta, 1 barre Maurten, avec une demi dose de boisson Meltonic à la menthe dans mes petites gourdes.

Un peu plus loin, je croise ma coloc’ Morgane : quelques mots échangés et on poursuit chacune notre route. 😊 A toute à l’heure meuf :)

Photo : Marathon des Sables

Entre le km 17 et le km 25 (CP3), on entre dans les longues lignes droites qui vont nous accompagner toute la semaine. Mentalement, ça ne me dérange pas du tout, c’est même presque zen. Je repense aux longues lignes droites du GR223 et au mental positif que j’avais à cette période. En plus, on a le vent de face (normal : aujourd’hui, c’est une boucle, et on a eu le vent dans le dos à l’aller, on ne peut pas tout avoir 😉).

Sur les 5 derniers kilomètres, la longue ligne droite continue. Je rencontre Céline, avec qui on échange (partage et bienveillance seront les maîtres mots durant ces 7 jours de course). D’ailleurs, je t’invite à visiter leur blog : https://ousontccjb.fr/ avec un article au top sur le matos ! On se soutient, on avance ensemble sur quelques kilomètres. On se rend compte qu’avec son chéri, on a tous les trois les mêmes chaussettes et chaussures. Dans ces moments là, il nous en faut peu pour se rassurer.

Puis on aperçoit le bivouac au loin.

C’est le moment d’avancer ! Je laisse Céline avancer à son rythme : on se retrouvera plus tard. Pour ma part, il n’est pas question de commencer à marcher maintenant, je pousse jusqu’à l’arrivée. 🚀

4h05 plus tard, je franchis la ligne d’arrivée : ça va, c’était pas si sableux que ça, et franchement, le terrain était relativement plat et pas trop technique. Je suis plutôt fière d’avoir bien géré cette première étape ! 🎉
Je n’avais pas prévu d’arriver si tôt, mais à 12h, je suis là. À la tente, je retrouve Julien, déjà bien installé. On échange sur nos sensations et on se pose pour attendre les autres colocs. 🤗

Petite toilette de chat 🧼, récupération avec 2 pastilles Ta électrolytes et une dose de prot’. Heureusement, la veille, je n’avais pas mangé mon petit paquet de M&M’s qui m’a bien fait plaisir parce que je n’avais rien prévu d’autre avant le soir).

Mhh les pâtes bolo et le dessert vanille vont faire plaiz’ pour le dîner 😋.

Bonne nuit et on remet ça demain ! 🌙
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Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 32, 312D+/312D-
⏱ En 4h04, 141ème place, 19ème femme sur l’étape du jour
📊 Allure moyenne : 7,85 km/h


Marathon des Sables 2025 – The Legendary

La préparation

🌵 250 km dans le désert –
une aventure pas comme les autres
Il y a dix mois, je remportais grâce à au Raid de l’Archange (une course de 300 kms en étape, en Normandie, dans le Cotentin), un dossard pour le Marathon des Sables, une course de 250 km en quasi-autonomie à travers le désert marocain.
Honnêtement ? Sur le moment, je n’étais pas vraiment emballée.

Il m’a fallu plusieurs mois pour réaliser que, oui, le 6 avril 2025, j’allais bel et bien prendre le départ. Seule. Face à l’inconnu. D’une course que je n’aurais jamais imaginé courir, ni par sa difficulté (en tout cas l’idée que je m’en faisais), ni par son coût, ni par la préparation que ça exige.
À une époque où l’on banalise de plus en plus les longues distances, il ne faut pas oublier ce que ça représente : enchaîner des étapes de 20 à 80 km, courir tous les jours dans le sable mou, porter sa « maison » sur son dos : son couchage, sa nourriture et faire corps avec le climat.
Un vrai contraste avec nos vies sédentaires, où l’on oublie vite ce que cela demande vraiment.

🏃‍♀️ La préparation
Après mon 24H de dénivelé en septembre à La Sambuy, j’ai clôturé la saison par une backyard et un peu de repos, avant de relancer la machine avec Cindie (prépa physique :) ).

Au programme :
Du chauffage de cuissots avec du renfo en salle, de la vitesse autour du stade, un peu d’intensité sur la piste cyclable, des longues sorties en fin de prépa, sans oublier le gainage, les sorties lestées, les premières découvertes du ski de rando avec Mehdi, et bien sûr… les fameuses cot’lettes pour ne pas perdre le goût du D+ !
Bref, un menu de cheffe, que j’ai dégusté avec plaisir. Parce que oui, si j’aime la course et la compétition, j’aime surtout arriver préparée, me discipliner, m’adapter selon le mood du moment. C’est là que je trouve du sens à tout ça.

🍽️ Le poids du sac… et celui du corps
Après un hiver bien rempli, aussi sportif que gourmand, c’est en janvier que j’ai pris conscience d’un truc : partir sur 250 km avec un sac de 8 kg et du gras en bonus, ça risquait de piquer.
Alors j’ai ajusté mes assiettes, sans frustration, en rééquilibrant simplement ma balance calorique. Résultat : avec de la discipline, j’ai pu prendre le départ avec l’équivalent du poids du sac en moins (sans compter l’eau), en pleine forme et avec le sourire.

📦 La logistique : une aventure avant l’aventure
Dès janvier, j’ai entamé la préparation du sac et de la nutrition. Objectif : calorique mais léger. J’ai sorti les tableurs Excel, échangé avec les expérimentés (Spag, Valentin, Jérôme…), testé, validé, et finalement passé commande chez Lyophilise.fr.
À quelques jours du départ, j’ai reconditionné tous les sachets pour gratter le moindre gramme. Mine de rien, cette logistique est déjà une aventure en soi. Mais avec l’expérience, je savais : plus je m’y prends tôt, plus je suis libre mentalement.

👟 Côté matos : des choix de cœur (et de pieds)
Côté équipement, il a fallu tester et trancher. Surtout pour les chaussures, un point délicat pour moi. Après réflexion, je pars en mode pratique avec les Dust et le Shortney de Salomon : guêtres intégrées pour les shoes et byebye les frottements (merci Courtney).
En haut, un t-shirt léger Nnormal, même si la couleur blanche ne durera sûrement pas longtemps 😅. Une saharienne Buff, la nouvelle brassière Hastko (merci !) et le tour est joué.

✈️ En route pour le désert
Le mercredi 2 avril, avec Eliette, rencontrée via les réseaux, on se retrouve à 4h du mat’ à l’aéroport de Lyon. Direction Marrakech, puis Ouarzazate via la navette de l’organisation.
En route, je suis frappée par l’état des terrains, dévastés. On nous rappellera, plus tard, que le tremblement de terre a tout ravagé…

À Ouarzazate, on pose nos sacs dans un Airbnb pour quelques jours. On profite : repos, discussions, petits footings, découverte de la ville, du thé local, et de chaleureux échanges avec les habitants. Une bulle de douceur avant le grand départ.

🏜️ Désert, roadbook et rencontres
Vendredi matin, c’est le départ vers le désert. Dans le bus, on nous remet le roadbook : les étapes de la semaine se dévoilent. Yala !
Après 6 heures de route, on arrive en plein désert, accueillis comme des stars : musique, thé, ambiance magique. J’y rencontre mes futurs colocs d’une semaine : Julien, Kévin, Céline et Morgane (dans cet ordre, sauf erreur). On discute, on fait connaissance. Puis briefing de course avec la rencontre de Will Speaker qui nous mettra une ambiance de feu durant cette semaine, merci Guillaume !!Puis,… premier feu de camp. Un lyoph’, et au lit !

🌄 Derniers instants avant le départ
Le samedi matin, je m’offre un petit footing solo, pour explorer les environs et me recentrer. La journée se déroule tranquillement : repos, vérification des sacs, remise de la valise. Il me reste 7 kg pour la semaine, et ça suffira.
Pas évident, au début, de ne rien faire. De rester allongée sur un tapis, à attendre. Mais l’excitation monte. Le repas du soir arrive vite. On se couche. La deuxième nuit (déjà agitée) annonce la première étape du lendemain.

Mais je le sais : je ne suis pas venue pour dormir.