Le trail du gypaète – 75 kms

En guise de prépa course pour le Trail du Val d’Aran prévu début Juillet, j’ai décidé de m’inscrire au Trail des 3 Lacs ; qui est une course de 76kms et 4800 D+/-, une des épreuves du Trail du Gypaète, et à une heure de la maison.

Vendredi 6 Juin, direction Scionzier pour faire la séance sport du jour prévue, avant de récupérer le dossard et de se poser à l’hôtel, le temps de quelques heures de sommeil (ou pas).
Avant cela, le vendredi, en fin de journée, au vu des orages annoncés, j’ai été informée que le départ de la course serait décalé d’une heure : chouette, voilà une course de préparation qui commence bien… Pour info, les deux dernières éditions du Val d’Aran ont été annulées en cours à cause d’orages violents.

Toute la nuit, je suis sur le qui vive : il verse ; quand est-ce qu’on va entendre l’orage tomber ?
3H00 : Quelques heures plus tard ou… quelques minutes avant mon réveil : ayez, ça pète. On voit les éclairs, violents, à travers la vitre. On entend la pluie tomber à grosses cordes : c’est mort, si les orages ne se calment pas, je ne prends pas le départ, prévu à 5h30.
Je me prépare tout doucement quand même. J’ai le ventre noué, la nausée : je ne déjeune pas, tant pis.

4h45 : j’arrive à Scionzier, beaucoup plus détendue. Il ne pleut plus que par intermittence et les orages se sont arrêtés. Mehdi devrait pouvoir me suivre à bicyclette sur les différents ravitaillements.

5H20 : briefing par Ludo Collet : il repleut comme pas possible, mais finis les orages. La pluie, je m’en fiche, même si je commence à appréhender l’état des sentiers avec toute l’eau tombée.

5h30, départ : je pars tranquille car je sais que 80kms (j’arrondis toujours au supérieur), c’est long. Au bout de 1-2kms, on a quasi que du plat / piste cyclable. Au km7/8 : énorme coup d’orage avec éclair à proximité : je ne suis pas rassurée, mais j’ai vu la météo avant de partir : après ça, finis les orages, j’ai confiance ! La pluie, le froid, je m’en fiche. Dès le début, sur le plat, je sens que mon cardio ne veut pas vraiment monter. Je ne me focalise pas dessus.

Première montée vers Romme : le terrain est super gras, ça annonce la journée. Je reste toujours à basse intensité en montant tranquillement, sans pression, je prends le temps de m’alimenter comme prévu. 

R1, Romme : je remplis 1 flasque d’eau et je repars aussitôt.
Je continue la montée, puis je redescends vers Le Reposoir. Je ne m’en souviens pas trop.

R2, Le Reposoir (km21) : Vue la météo, je n’étais pas sure que Mehdi montrait à vélo (on s’était dit que c’était OK s’il ne venait pas au cas où la météo serait cata et que je ferais avec la nourriture des ravitos (comme j’ai toujours fait, ou presque)), donc j’ai « rationné » ma nourriture, au cas où. Finalement, bonne surprise, il était là. Je reprends de la nourriture, de l’eau, un bisou et en route pour qu’on attrape pas froid.

S’en suit une bonne montée avec une portion de route puis sentiers. Je traverse le Col de la Colombière avant de redescendre sur Le Chinaillon. Je me souviens qu’il y avait une bonne portion de piste de ski à descendre : dès que je peux j’essaye d’aller un peu plus vite. Mais depuis le début, je sens le cardio bloqué et les cuisses raides.

R3, Chinaillon (km36) : Je retrouve Mehdi au Chinaillon qui m’indique que je suis juste avec la Barrière Horaire (à peine 15min d’avance). Mais quoi ?? Je ne comprends pas comment c’est possible alors que je double du monde petit à petit. Malgré le départ décalé d’une heure, les barrières horaires, elles, ont été décalées de 30minutes. Je veux bien être dans les derniers mais quand même… Je ne pensais pas à ce point. Alors, je ne traîne pas. Ce fait d’être à la traine confirme mes sensations bof que je fais en sorte de ne pas écouter depuis le début. Par contre, j’arrive à bien manger ce que j’ai prévu : c’est déjà ça. Un p’tit coucou à Max qui est de passage et je file ; même pas pris le temps de passer au pipi-room.

Je repars du Chinaillon un peu négative car jusque là, j’ai réussi à faire abstraction de la mauvaise météo, de mes difficultés à relancer dans la boue et là, mince, et si je me faisais arrêter à cause des BH ! Tant pis, c’est comme ça. Je ne relâche pas mes efforts, mais je n’arrive toujours pas à aller plus vite. Je ne comprends pas pourquoi : je mange ce que j’ai prévu, j’adapte ouverture/fermeture de ma veste selon la météo. Tant pis, je fais avec, comme d’hab.

Je sais que le chemin jusque Solaison est assez long. Après le début de la montée bitume, j’enchaîne sur les sentiers/montagne bien gras pour monter à l’Aiguille Verte. De temps en temps, je mets la musique, ça me fait beaucoup de bien : c’est la première fois que je fais ça en course. Je pense que c’est pas mal. Une fois de plus, je n’arrive pas à relancer quand il le faudrait. Il y a quelques passages plus « montagne » mais j’y vais sans appréhension, à mon rythme. Je ralentis si je sens qu’il y a plus de « danger ». Malgré tout, j’essaye de profiter des paysages, entre deux averses et rafales. J’arrive au col de Sosay et là : gros coup de tempête : grêlons, rafales de vents incroyable. J’ai froid, mais je ne peux pas m’arrêter pour mettre ma sous couche, sinon c’est hypo assurée. Alors j’avance, aussi vite que je peux. Mais vite, je n’y arrive pas, alors j’avance sans m’arrêter. Je ne sens plus trop mes mains sur les bâtons. Mais je me réchauffe tout doucement en redescendant et au moment où la pluie et le vent cessent.

Les derniers kms avant Solaison sont un peu longs et j’ai un petit coup de moins bien mais je continue d’avancer tranquillement.

R4, Solaison, km54 : en arrivant, une bénévole m’annonce qu’on ne montera pas à la Pointe d’Andey car la descente est jugée trop dangereuse. Elle estime que ça me fait gagner une bonne heure. Dans ma tête, ça me fait du bien ! 

Au ravito, Mehdi remplit mes 2 flasques d’eau et je prends mon sachet de nourriture prévu. J’en profite pour boire quelques gorgées de coca qui me font du bien. Je repars de Solaison et là, longue descente dans la giga boue, j’avance à rien…

R5, Brison : que 5.5kms depuis le dernier ravito mais j’ai super mal au ventre. Je mets ça sur le dos de la descente mais c’est bizarre. Je n’ai quasi pas mangé. Je ne prends pas mon sachet ravito prévu car j’ai encore quelques trucs d’avant. Un coucou à Mehdi et je repars, crampe au ventre. Je me dis que la petite montée à venir va me soulager, un peu seulement. Je remange un peu et je file jusqu’au dernier ravito. La descente est, comme tout le reste, spongieuse, gadouilleuse, tout, mais ce n’est pas pire que celle d’avant.

R6, Mont Saxonnex : juste en arrivant sur la partie bitume, de nouveau grosse crampe. Aïe, il faut que je trouve rapidos des toilettes. Mission réussie, mais c’est décidé : il ne faut plus que je mange jusque l’arrivée, j’ai trop mal au ventre. 

Je repars du ravito ressourcée après vous avoir vu et échangé quelques mots avec Mehdi, Cindie et Thomas :) . Je sais que la route est encore longue et qu’il me reste 12kms pour rallier l’arrivée. Je ne me souvenais pas qu’il y avait encore une telle montée car j’appréhendais la dernière longue descente. J’essaye quand même de me forcer à boire un peu d’eau. Il fait un peu plus chaud mais il continue à il y avoir un peu de vent et des petites averses par ci par là, donc je fais le choix de garder ma veste. Fin de la montée, ça bascule vers la descente. J’ai envie de me lâcher. Mais c’était sans compter sur un passage costaud en pourcentage et accentué par la boue. Avec d’autres coureurs (pour s’assurer que c’était OK pour tous), on a mis 20′ pour faire 1 km. Mais à ce niveau là de la course, je m’en fichais… Sur les 5 derniers kms (voire plus), j’ai réussi à m’employer un peu plus malgré les cuisses qui couinaient depuis de nombreux kms, car hâte d’arriver.

20h20, je franchis la ligne d’arrivée en 14h51.

Même si ce n’était qu’une course de préparation, sans période d’affutage spécifique, j’avoue que j’étais un peu déçue du chrono/classement. C’est du détail, je le sais bien mais, après discussion avec d’autres coureurs, ils sont plusieurs à avoir été bifurqués au km 51, vers les plus petites distances, les faisant raccourcir de 10kms le parcours initial. Mais, il n’y avait pas de pointage à ce moment là. Ils ont été plusieurs à avoir été classés normalement (sans même avoir l’1h30 de pénalité des 2kms en moins que j’ai eu) , donc classement non fiable – et je n’en veux, bien entendu, à personne. Car, au vu des conditions, tout le monde a fait au mieux pour que la journée se déroule correctement.

En dehors de ce détail, je ne suis pas peu fière de ne pas avoir abandonné face aux difficultés météorologiques et du parcours. Un bien grand merci à mon suiveur ravito à bicyclette et motivateur hors pair : Mehdi :D
C’est un tracé que j’aimerais vraiment refaire, hors boue car les paysages ont vraiment l’air superbe et la diversité des terrains fait qu’on ne voit pas les kilomètres défiler !

Prochaine course : RDV pour le trail du Val d’Aran, début Juillet !


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