MDS 2025 – Etape 4

La Longue…

Cette étape de 80 km, je décide de la vivre comme un ultra, comme j’aime :
doucement, mais sûrement.

Réveillée à 4h30, je ne vous décris pas cette nouvelle nuit…
J’observe un mélange de hâte et d’appréhension en mangeant mon porridge de fruits rouges, encore emmitouflée dans mon duvet. Et comme tous les matins, une fois le déj’ pris, je file faire un tour au pipi-room (comprenez : cabine de luxe où se déroule un sacré concert tous les matins…), je m’habille, je range mon duvet et mes affaires, puis je ferme mon sac et je prends le temps de me poser en attendant le départ. Je ferme les yeux, me concentre sur moi-même en faisant abstraction de l’environnement.

Départ à 6h00, la frontale bien vissée sur la tête, prête à attaquer cette grande étape dans l’obscurité. 🕶️

Au km 13, je grimpe la dune d’Ouzine. Ouf, même avec les 100 bornes dans les pattes, les jambes ne présentent pas d’anomalies lors de mon contrôle technique :)
Avec d’autres nanas (coucou Charlotte, Laurence, etc…), on rigole et on papote, malgré la difficulté. On y va à 4 pattes : c’est à la fois épuisant et tellement drôle.

Photo : Marathon des Sables

En haut de la dune, les bénévoles nous encouragent à fond : leur énergie est contagieuse.
Là-haut, la vue est juste incroyable, et la descente qui suit est un pur bonheur. 🌄 J’échange quelques mots avec Laurence puis je file.

Vers 10-11h, la chaleur commence à se faire sentir. À chaque Check-Point, je remplis ma bouteille d’1L et je prends le temps de mouiller ma tête pour me rafraîchir. Les CP sont tous les 10 km, mais entre deux, le temps semble long. Parfois, la distance entre eux est presque interminable. 😅 Comme à chaque étape depuis le début, je double tout doucement Loïc (rencontré par l’intermédiaire de Joss’ et qui m’a repérée avec mes tatanes sur mon sac) et Carole qui font route commune. On échange quelques mots et ciao.

Vers le km 45, un gros coup de mou me prend. Je me dis que c’est normal, je pense au CP suivant, mais le soleil me tape fort et je sens que mes réserves sont basses. Je m’efforce de ne pas marcher, même si je ralentis considérablement. Chaque pas devient plus lourd et je lutte pour garder le rythme. Les prochains kilomètres sont relativement plats et roulants, mais le soleil est implacable. 🌞

Le CP 6 (km 55) arrive enfin, et il fait du bien. Un petit thé, des raisins, ça réchauffe le cœur. ☕🍇 Une fois de plus, je me surprends à passer devant Luca Papi qui fait sa promenade de santé. Peu de temps après ce ravito, je sens que je me prends un nouveau coup de chaud. Les 5 premiers coureurs, (les 50 premiers au classement général sont partis 1h30 après nous), commencent à me doubler : quelques encouragements à Maryline N. (bravo ;) ) puis quelques mots échangés avec Mbark E. qui prend des nouvelles avant de poursuivre notre route !

J’échange quelques mots avec Alicia qui vient de passer un moment délicat également. Mais, à partir de là, je suis obligée d’alterner marche et course pour faire redescendre la température et éviter de trop faire monter mon cardio. Ce n’est pas facile mentalement d’accepter cela, mais c’est un fait. Je ressens aussi cette fatigue accumulée, cette dette de sommeil et le déficit calorique des jours précédents. Mon corps commence à me le faire sentir. Mais c’est comme ça, ça fait partie de l’aventure, et je ne suis surement pas la seule. 🥱

Il faut dire que pour cette étape, j’avais 30g dragibus, une barre Oat king (mhhh), un Gel Maurten 160, deux paquets de bonbons Ta et 1/2 sachet de boisson Nutripure. J’avais aussi prévu un taboulé taboulé et du jambon séché, mais je n’ai pas eu envie d’en manger. En y repensant, j’aurais peut-être du me faire le taboulé, même si ce n’est pas très riche en glucides, ça m’aurait redonné de l’énergie.

Depuis quelques CP, en plus de ma bouteille d’1L, je remplis mes 2 flasques de 250 ml d’eau, que je m’asperge entre deux ravitos. C’est ma manière de me rafraîchir et de garder un peu d’énergie. 🌊Dès que le soleil se cache un peu, j’enlève ma casquette car j’ai le sentiment qu’elle empêche mon ciboulot de respirer.

Photo : Marathon des Sables

Peu avant le km 70, je tente de donner un dernier coup de boost pour les 12 derniers kilomètres, mais la fatigue est bien là. Même si le terrain le permet, je n’arrive pas à courir 2 kms sans marcher. Je continue à gérer mon effort : je trottine 200 m, je marche 30 m, je répète. Pas de pression, je me donne le temps. 🏃‍♀️

Et puis, je vois le bivouac au loin, à environ 5 kms de l’arrivée. Je reconnais que c’est un soulagement. À priori, il n’y a pas de grosse dune à franchir comme je l’avais cru en regardant la carte la veille sur le roadbook. Il ne me reste plus qu’une chose en tête : trouver de l’ombre. Mais, bien sûr, il n’y en a pas (et heureusement pour ma faignantise :D )… Ce sera pour après l’arrivée. 🌞

Arrivée au bout de 10h42 … Je suis clairement exténuée, mais en même temps, je pensais mettre plus de temps. J’ai donné tout ce que j’avais, et mes jambes sont lourdes, comme si je portais des boulets à chaque pied. Je n’ai jamais autant galéré sur la fin d’une course, mais je suis contente d’avoir tout donné pour « sauver mon bout de gras ». 😅

Je ne sais pas ce qu’il me restera d’énergie pour la suite, mais j’ai de la chance : je vais pouvoir me reposer cet après-midi et jeudi (jour off pour tous) pour recharger les batteries.
Les concurrents arrivent au compte gouttes et on se félicite les uns les autres. A partir de ce jour, les échanges se font de plus en plus nombreux, et ce n’est pas pour me déplaire. La tension qui régnait dans le camp depuis le début s’est dissipée.

Depuis le début, j’ai la chance de n’avoir aucun soucis aux pieds, comparé à certain(e)s. Mais ce mercredi, je remarque que j’ai une petite ampoule sur chaque gros orteil. Étonnamment, ça ne me dérange pas. Par contre, mes pieds sont lourds, et mes articulations (chevilles et genoux) me lancent un peu. Je ne sais pas trop pourquoi. J’espère juste que je n’y suis pas allée trop fort et que je n’ai pas grillé toutes mes cartouches avant l’heure.

Ahhh, le bonheur de l’aventure. 🌍
C’est ça qui nous porte après tout. C’est dans ces moments de difficulté qu’on trouve la beauté du voyage.

Julien, parti dans le clan des +1h30 le matin est arrivé 1h30 après moi. Bien speed, il ne m’a guère laissé le choix de m’activer également 😅. Au programme : nettoyage de sol, secouage de tapis puis dégustation de mon tabouley avant d’essayer de me reposer.


Pour les chiffres :
📍 Arrivée km 82.2, 690D+/690D-
⏱ En 10h42, 53ème au général, 6ème femme sur l’étape du jour
Après la quatrième étape : 72ème au général, 8ème femme
📊 Moyenne de l’étape : 7.71 km/h (oups…plus rapide que les deux dernières étapes)



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